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A Glaswegian Fall

Encore un jour normal !

Pour celles et ceux qui ont la désagréable impression que je me répète, je dois malheureusement confirmer cette fâcheuse tendance ! Ma vie est faite de petits « riens » alors il faut bien que je vous les conte...

Ce début de semaine a été radieux. Lundi fut une très belle journée, malgré quelques passages nuageux et un petit vent frais. Notez que je ne parle que (trop) rarement du temps. Or au Royaume-Uni, tout le monde parle du temps. Je me suis déjà posé la question, « pourquoi parlent-ils du temps ? ». Car ce n'est pas qu'un gag ! On a beau se moquer d'eux, mais les émissions de la BBC regorgent de programmes sur le temps, nous ex-écoliers avons également dû passer par « what's the weather like », les fameuses phrases idiomatiques que nous apprenions en cours d'anglais, il y a le fameux « London's weather » et l'image du British en complet-cravate qui court avec son parapluie de poche sous une pluie battante. Tout ceci n'est pas qu'illusoire. Bref, j'en ai profité pour faire un petit tour dans le jardin botanique et visiter les deux magnifiques serres (en anglais, on dit « greenhouses », c'est joli, non ?! Ca veut dire les « maisons vertes » !) J'ai croisé quelques vifs écureuils qui faisaient le gros dos devant une femelle ou qui chassaient la noix, des touristes japonais qui se faisaient prendre en photo devant, à côté et dans la serre, des mamans avec leur landau et bébé qui pleurnichait, et enfin, des sales gosses qui jouaient au foot sur l'une des pelouses immaculées du jardin ! (Comprenez que quand je dis « immaculées », je sous-entends une pelouse d'un vert intense et d'une perfection telle que vous ne l'obtiendrez jamais dans votre jardin, même en rêve. Secret de polichinelle...)

 

Puis, le temps s'est quelque peu gâté. Alors je me suis réfugié dans mon café habituel, le « Enjoy » où j'ai « apprécié » (puisque c'est la traduction) un café et un muffin au double chocolat ! Dieu que c'est bon (pardon pour les intégristes) ! Et c'est du vrai café, pas une espèce de soupe trouble et insipide. En plus, le café « Enjoy » a un réseau Internet sans fil gratuit. Penses-tu, j'en profite pour surfer et écrire mes conneries sur mon blog (comme c'est le cas en ce moment).

 

Hier soir, je suis aussi allé au cinéma. Je ne voulais pas voir une des nombreuses verrues américaines alors je me suis dit que j'allais aller dans un cinéma qui projette des « vrais » films... manque de chance, ils passaient un film français avec Depardieu ce soir-là. Bon, c'était quand même plus sympa que de voir Bruce Willis flinguer la moitié de la terre ou Tom Cruise en train de sauter d'un immeuble de cinquante étages tout en se battant avec un perfide asiatique ! Pour votre humble information, je me suis acheté une deuxième bouteille de vin rouge cette semaine (la première est finie), que je descends en solitaire en faisant la cuisine. Je suis certain qu'au moins une de mes amies me comprendra comme je suis aussi certain que d'autres diront « la solitude le fait boire encore d'avantage ». Je ne cache désormais plus mes penchants chroniques pour l'eau-de-vie depuis que mes parents et ma grand-maman m'ont rendu visite à Cologne. Tout comme mes prédécesseur(e)s et mon petit frère, je me dois de faire honneur à la longue dynastie des Gouleyants et des Bourbons dont j'ai hérité le patrimoine culturel, intellectuel et ... alcoolique !

Santé !

Jérôme


Une journée sans fin

Il était une fois un étudiant modèle prénommé Jérôme. Son amour des voyages et des découvertes l’incita à s’engager dans une nouvelle aventure. Un jour pluvieux de septembre, il prit donc ses cliques et ses claques et s’envola pour la lointaine contrée des rois déchus, l’Ecosse. Récit d’un jour normal...

Tout débute au petit matin, il est alors huit heures tapantes. Confortablement lové dans son lit douillet et qui sent bon la lessive en poudre, qu’il avait soigneusement sélectionnée trois jours auparavant dans un des immenses rayons du magasin qui jouxte son appartement, Jérôme se décide à s’extraire de son nid, tel l’oisillon désireux de faire ses premiers essais de vol. La tête encore dans les étoiles, il se dirige d’un pas traînant mais d’un regard décidé vers les cabinets. Il est des besoins naturels auxquels aucun être sur cette terre ne peut se soustraire. Après s’être méticuleusement lavé les mains, des petits picotements lui rappellent qu’un autre besoin fondamental se doit d’être comblé au petit matin. La cuisine s’offre donc à lui et Jérôme y retrouve les premiers repères qui l’aident chaque matin à bien débuter la longue journée ; le toaster est en place, la confiture à la fraise sur la table, le beurre de cacahuètes aussi et l’eau bout. Déjà, les premières odeurs du « black tee » lui monte à la tête, lui ouvrant d’avantage encore l’appétit qui dévore son estomac. Trois tartines, un yogourt, un fruit et un thé plus tard, Jérôme est sous la douche et savonne l’entier de son corps, sans oublier les petits détails que sont les doigts de pied et les oreilles. Car s’il y a quelque chose qui l’insupporte, c’est de se sentir sale. Les rares fois où il dû se passer de la douche matinale, Jérôme eut la très désagréable impression que le monde entier le regardait et le reniflait.
Jérôme sort enfin de chez lui, affublé de son unique paire de chaussures noires, fabriquées en Chine par des petits enfants exploités, et de sa veste beige. Sur le chemin de l’université, il rencontre quelques badauds, qui, comme lui, accourent de parts et d’autres afin de rejoindre leur travail. Les voitures sont alignées en file, les klaxons se font entendre et l’air matinal sent le gaz d’échappement. Puisqu’il n’existe aucune boulangerie à Glasgow, inutile d’y chercher la moindre odeur de pain frais ou de croissant au beurre.
Après une bonne dizaine de minutes d’une marche active, Jérôme atteint enfin le haut lieu de l’intelligentsia écossaise. Précipité dans un des grands auditoires du « main building », il se trouve rapidement une place idéale à mi-chemin entre l’esplanade et la fenêtre. Le cours débute. La littérature écossaise, telle la boîte de Pandore, renferme d’innombrables secrets. À la différence que ceux-ci sont dévoilés aux scribes d’un instant. On leur parle de l’immensité de cette littérature, de son importance et du caractère inventif qu’elle emprunte à la fable. La littérature écossaise, à l’image du monstre du Loch Ness, est faite de légendes, de récits oraux, de fiction en somme. Ceci travaille Jérôme, tout passionné qu’il est par ces récits fabuleux et imaginaires. Son penchant narcissique lui entrouvre soudainement la possibilité d’une fiction dont il serait le héro. Mais tout héro n’est rien sans contexte, sans l’histoire qui mène l’homme simple qu’il est à ce personnage tant valorisé. Il s’imagine en Lancelot, l’un des valeureux chevaliers du Roi Arthur, ou en Harry Potter, le sorcier imaginaire. Mais que seraient-il sans les monstres de l’un et le Voldemort de l’autre. Jérôme n’aime pas les monstres et ne se voit pas non plus affronter un adversaire à la pointe de sa baguette, mais bien plutôt à la pointe de sa plume. Ne dit-on pas que « la plume est plus forte que l’épée » ? Impatient de coucher sur une feuille de papier blanc une première ébauche de son rêve égotiste, il s’installe dans son petit café habituel, situé à trois pas de son appartement. Ce petit café est rempli d’une chaleur dont il s’inspire pour écrire son premier récit. Les canapés noirs et rouges et les grandes fenêtres, qui laissent entrer une intense lumière, font de cet endroit un salon idéal pour les idées, qui se forment et se défont, qui s’imbriquent et qui se contredisent. La trame reste cependant d’une banalité toute banale, car Jérôme aime à s’exercer plutôt qu’à s’impatienter. Sans prétention mais avec la ferme croyance qu’il va peut-être être le héro de sa propre existence, il se met donc à l’écriture du récit de sa journée ma foi fort ordinaire, afin, peut-être, d’essayer de lui donner un sens dont il ignore lui-même la nature : « Il était une fois un étudiant modèle... »

Jérôme


Joëlle en visite

Ce début de semaine a été marqué par un temps résolument couvert et pluvieux. Mais cela n’a pas refroidi Joëlle, mon amie de longue date, qui est venue braver ce temps écossais fort peu accueillant.

Je connais Joëlle depuis notre première année au gymnase. Nous étions alors tous deux dans feu la fameuse classe 1M6. Je précise « fameuse » puisque nous la fréquentions avec tant d’assiduité qu’il nous en reste encore aujourd’hui d’indélébiles stigmates. Preuve en est, nous en avons encore parlé pendant ces deux jours. Joëlle, comme moi, comptions par exemple parmi les souffre-douleur de notre prof de chimie. Entre l’échec de nos perles de borax et nos misérables prestations orales, Joëlle avait quand même réussi à sortir un « 6 » (la meilleure note, donc), battant à l’occasion l’expert chimiste de notre classe. Joëlle, c’était aussi la mauvaise conscience de madame Schumacher (prononcez « chou mâché »), maîtresse Mireille venue tout droit du pays des maths, pays qui était à nous ce que l’intelligence est à Jean-Claude Van Damme, inexistant. Qui sait, cette inconnue (on en est plus à une près) a peut-être contribué à la naissance de notre amitié ! Car entre voisins de table, on s’aide et on reste solidaires (enfin presque, puisque ma note d’examen oral de maths, dont je tairai le chiffre, reste un magnifique outil de moquerie pour Joëlle. Notez qu’elle n’avait guère fait mieux que moi ce jour-là...)
Notre amitié remonte aussi aux sorties. Cabane des scouts et Tequila boom boom, bal EINEV et bières, le voyage d’étude à Tallinn (36 heures de bus aller et 36 heures de bus retour, ça resserre les liens !), dont certains épisodes sont restés gravés dans toutes les mémoires collectives. Et surtout, les soirées S.P.E.R.M.E. (prononcez à l’anglaise, « spermiiii »), soit l’abréviation pour « Société Protectrice des Enfants Rachitiques et Mal Entendants ».
Bref, tout cela pour dire que notre amitié ne date pas d’aujourd’hui. À Glasgow (puisque c’est là l’objet de mon « blog »), nous avons beaucoup marché et je lui ai fait découvrir quelques parties intéressantes de la ville. Le jour de son arrivée, nous nous sommes tout d’abord sustentés dans un restaurant local : le MacDonald. Car pour ceux qui l’ignorent, tous les noms de famille en « Mac » (MacDouglas, MacLachllan, MacLeod, MacBeth [!]) sont d’origine écossaise ! Nous avons ensuite pris un petit café et sommes rentrés à mon appartement afin d’y déposer le lourd fardeau de Joëlle (je lui avais gentiment demandé de prendre quelques livres, un DVD, mon essay en anglais, mes lunettes de plongée et mon « moule-bite » pour la natation). Puis nous sommes allés prendre le repas du soir dans un pub et avons terminé dans un « bar à thés » (je dis ça car elle m’a avoué faire partie des « AA »... donc j’adapte mon récit. Comme dirait Mireille Schumacher, « on ne dit pas je vais aux toilettes mais je vais me repoudrer le nez !)
Le lendemain, nous avons tout d’abord débuté avec la visite de Poudlard (ouais, l’uni quoi !) après que Joëlle n’a pas réussi à finir son muffin au triple chocolat. Trois thés plus tard, nous étions au centre ville, avons fait quelques boutiques et sommes finalement allés visiter la cathédrale de Glasgow. Nous avons fait un détour par la nécropole, ce qui a causé à Joëlle les pires ennuis pour le restant du séjour (inexplicablement, elle a « chopé » un hoquet récalcitrant, jusqu’à ce que je la menace de la pousser dans une « gouille » bien boueuse). Le soir, nous avons soupé « light » au Friday’s, restaurant d’origine américaine (il fallait bien varier, après le MacDonald) et sommes allés boire un « thé dansant » (pour ceux qui n’ont toujours pas compris, relisez le passage depuis « avons terminés dans un « bar à thés... ». Et si vous avez toujours pas saisi, écrivez-moi).
Comme toujours, le jour de son départ, il a fait... grand beau et chaud ! Joëlle, j’ai eu énormément de plaisir à te recevoir dans mon « home sweet home » ! Merci d’être venue ! Bonnes fin de vacances et bon retour aux affaires avec tes gosses.
Voilà, ainsi s’achève, en photos s’il vous plaît, ce premier message de la semaine !


Cheers,
Jérôme

 

 

Joëlle Joëlle en train de boire son café du matin (avec le muffin!)

 

La cathédrale La cathédrale de Glasgow

 

La cathédrale de l'intérieur

 

Necropolis La nécropole

 

Une tombe Toujours la nécropole... Une tombe!

 

Vue de Glasgow Une vue de Glasgow depuis la nécropole

 

Glasgow Une autre vue de Glasgow depuis la nécropole

 

 


La magie des sens

La vie est une « expérience sensible », certes. Les différents sons, odeurs, goûts, visions et touchers sont enregistrés par nos organes puis transmis à notre centrale, le cerveau. Et comme par hasard (évidemment !), c’est toujours au même moment que tous nos sens sont mis à l’épreuve. C’est le mariage des sens !

Effectivement, tandis que certains sens sont parfois les témoins d’une expérience extraordinaire de beauté et d’harmonies quasi oniriques, d’autres en revanche subissent dans un même temps les affres de la douloureuse réalité. Prenez par exemple un petit matin, le soleil se lève et éclaire la ville de cette couleur rouge typique des débuts de journées, les gens sont frais, vous êtes joyeux et vous vous sentez d’attaque mais voilà, à peine sorti de chez vous, une odeur d’étron fort désagréable vous indispose pour le restant de cette ex-fabuleuse journée. Autre exemple, vous êtes en Ecosse, la journée s’annonce belle, vous sortez précipitamment de chez vous car vous êtes en retard et sept minutes plus tard, il pleut des cordes. Au niveau des sens, ça donne ça : froid, mouillé, agacé ! Et depuis jeudi, mes sens sont mis à rudes épreuves, en bien comme en mal.
Tout débutait pourtant à merveille jeudi soir justement, lorsque je suis allé à ma désormais traditionnelle « Stammtisch » (il n’y a aucun pendant anglais pour ce terme, désolé), soit la soirée des étudiants en échange. Accompagné de ma colocataire polonaise Karolina, nous avons de suite entamé les choses sérieuses en commandant la bière locale, la Tennent’s. En faisant la queue pour quérir nos « rafraîchissements », j’ai pu discuter avec une charmante Américaine dont j’ai pu obtenir le numéro de téléphone. Comme quoi l’alcool n’est pas nécessairement un facteur d’exclusion sociale ! Une fois attablé, tous mes sens s’accordaient tout d’abord en une harmonie quasi parfaite ; le goût pour la bière, l’auditif pour la langue de Shakespeare et l’odorat pour la parfum unique des pubs écossais (pour rappel, pas de fumée dans les lieux publics au Royaume-Uni). Mais au fur et mesure que la soirée avançait, le pub se remplissait, mettant ainsi mon ouille face à la pire des épreuves : le bruit. Du coup, c’est la vision qui a pris le relais, puisque j’ai dû commencer à devoir lire sur les lèvres de ma colocataire afin d’essayer de deviner tout ce qu’elle pouvait bien me raconter. Dans ces cas, et pour faire bonne façon, rien de tel que de ponctuer son discours de « yeah », « mmm » ou « oh ! ». Et surtout d’éviter soigneusement les quiproquos !
Nous quittâmes le pub aux alentours de 23h et regagnâmes nos pénates. Au salon, tous nos colocataires ainsi que quelques-uns de leurs amis tiraient gaiement sur leurs clopes et buvaient leur bière. Nous nous joignîmes à cette joyeuse cavalcade. La deuxième partie de la soirée commençait alors... Nous gagnâmes « The Vic », la boîte de nuit « trendy » des étudiants en art (mes colocataires sont étudiants à la célèbre « School of Art » de Glasgow). Et là encore, mes sens ne m’ont épargné aucune épreuve ; effluves d’alcool et exsudations biologiques, visions d’horreur vestimentaire et renflements adipeux, mains moites et pieds ankylosés, « musique » assourdissante et cris éthyliques hystériques. Que du bonheur !
Le lendemain soir, j’avais rendez-vous avec un endroit beaucoup plus calme, endroit dont la moyenne d’âge ne doit guère se situer en dessous des 55 ans. Vous l’aurez deviné, les concerts classiques ont moins la cote chez les jeunes ! Dommage, ils ne savent pas ce qu’ils manquent... j’étais donc tranquillement installé dans mon siège dans cette magnifique salle de concert en train de feuilleter le programme avant le début, quand deux personnes sont venues s’asseoir à quelques sièges de moi. Là encore, vision d’horreur ! Madame, la soixantaine, les cheveux gras, sorte de Kathy Bates dans « Misery » avec 50 kilos en plus, visiblement accompagnée de son mari, 50 kilos tout mouillé, et qui n’a cessé de dodeliner durant tout le concert. Heureusement, la musique était magnifique ! Et comme par magie, certains sens, tout obnubilés qu’ils sont par tant d’émotions, en viennent à effacer ce que les autres peuvent bien capter !
Samedi soir enfin, 22h, je me rends chez Lorna, une fille que j’ai rencontrée et qui organise une petite fête dans son nouvel appartement. En fait, une crémaillère ! Par rapport à jeudi, je vivais enfin une vraie soirée, avec de la vraie musique et avec des vrais gens. On pouvait se parler et on pouvait même bouger, ô bonheur ! Tout aurait pu bien se terminer mais dans la « vraie vie », justement, il n’y a décidément pas que des « happy ends » (mais il y a tant de « happy moments » par contre !). En sortant de l’appartement à 2h30 du matin, les yeux bouffis et rougis, les réflexes dégradés par l’alcool et l’odorat qui roupillait déjà, j’ai évidemment manqué ce qui était pourtant immanquable... Quelqu’un avait éructé son repas du soir (j’ai pu détecter des pâtes, ce qui laisse supposer une alimentation riche en féculent, donc pas toujours très bien négociée par un estomac soumis au stress qu’impose l’abus d’alcool). Non seulement le pauvre bougre avait vomi, mais il en avait mis partout (et moi qui dit encore d’un ton joyeux à Marc, qui partait aussi, « Hey ! It’s slippery ! » [« Hey ! C’est glissant »]). Il en avait mis certes parterre mais surtout, sur la main-courante... sur laquelle, bien entendu, je me suis appuyé... Inutile de vous faire un dessin. Mon odorat s’est soudainement réveillé (je le hais celui-ci !), mon sens du toucher à la main droite est devenu ultrasensible et pour couronner le tout, puisque nous allions boire un dernier verre au Queen Margaret Union, il n’y avait pas de savon aux toilettes !!
Voilà, c’était le message « scato » de mon blog. Promis, le niveau va augmenter ! Donc, revenez en masse et ne fuyez pas devant tant de bêtises !
Sur ces bonnes paroles, amis, famille ou simple visiteur, bonne soirée et bonne semaine !

Jérôme

 

  "The Vic"! 


« Just a routine »

Il y a quelques jours, juste avant le début des cours, je parlais avec ma colocataire des bienfaits et méfaits de l’université. Et comme elle l'a si bien dit, l’université, par rapport aux vacances, nous impose une certaine routine. Une bonne routine, « just a good routine » !

C’est ainsi que je vais aborder cette troisième semaine écossaise, faite de ces premières vraies routines. Qui n’a pourtant pas vu dans les libraires les dizaines et dizaines de livres aux titres tous plus évocateurs et plus prétentieux les uns que les autres tels que « sortez de votre routine », « dix astuces pour sortir de votre quotidien » ou « dynamisez votre subpotentiel », dont les préfaces sont rédigées par des stars reconnues comme Elizabeth Teissier, Barbara Polla ou encore Lolita Morena. Dans les kiosques, chaque hebdomadaire y va également de sa propre solution en associant la si banale quotidienneté des actes au supposées imperfections de l’être humain (« perdez dix kilos en trois jours », « la peau d’orange, c’est quoi ? » ou « stimulez votre libido en mangeant des bananes »). L’être routinier qui sommeille en nous tient-il cependant absolument à s’émanciper ? En tout cas, pas moi ! Comme à Cologne (d’ailleurs si ma mémoire est bonne j’avais déjà parlé de ma « routine » alors ceux qui le désirent peuvent arrêter de me lire à partir de maintenant en cliquant ici), je suis en ce moment à la recherche quasi perpétuelle d’une certaine routine. Mais pas n’importe laquelle, d’une bonne routine ! Les mauvaises langues diront : « il se bourre la gueule tous les soirs » ou « il est en vacances, c’est la glande » (comme le dirait Alain par exemple) et les bonnes : « ah ben tant mieux, l’uni l’occupe ! » En fait, je ne fais ni vraiment l’uni, ni vraiment l’autre. Bien au contraire... (il faudrait pas que j’oublie mes racines suisses et sa neutre devise).

Pour la première fois ce weekend, je suis effectivement sorti. Jeudi soir, une soirée pour les étudiants en échange (quelques bières dont une magnifique Guinness extracold et beaucoup de papote), un petit cinéma vendredi soir, une sortie pub et rugby (il y avait Ecosse-Italie ce soir-là, donc ambiance explosive !) samedi avec Marc, un avocat suisse-allemand qui fait un postgrade à Glasgow et que j’avais rencontré à la soirée de jeudi et enfin une autre sortie dimanche après-midi et soir avec une sympathique Thaïlandaise que j’avais rencontrée dans une file d’attente pour l’inscription à l’université. Que de choses !

Mais ce n’est pas tout évidemment, puisque j’ai commencé mes cours de littératures écossaises. Même s’ils ne sont pas tous intéressants, j’apprends quand même de nouvelles choses et je découvre des auteurs que je connaissais pas. Et ce n’est pas toujours la panacée, puisque certaines nouvelles sont parfois truffées d’expressions typiquement écossaises. Prenez la phrase suivante, tirée d’une nouvelle de John Galt, « The Gudewife » :

« On the fifth day I, therefore, said to him, as I was sitting in the easy chair by the fire, with a cod at my shoulders and my mother’s fur cloak about me [...]. »

Un lecteur écossais comprend : « le cinquième jour, alors que j’étais assis à côté du feu avec un coussin sur mes épaules et le manteau de fourrure de ma mère sur moi, je lui ai donc dit [...]. »

Par contre, un lecteur anglais non averti (genre moi) lira : « le cinquième jour, alors que j’étais assis à côté du feu avec une morue sur mes épaules et le manteau de fourrure de ma mère sur moi, je lui ai donc dit [...]. »

Enfin, vous comprenez le niveau de difficulté. À moins que le texte ne soit écrit par les Monty Python, la deuxième version (donc « la morue » !) doit faire tilt ! Inutile également de préciser que le dictionnaire Robert & Collins ne possède pas la deuxième définition du mot « cod »...

Enfin, puisqu’il a fait beau ce weekend passé et en ce début de semaine, j’en ai aussi profité pour faire de longues et intéressantes promenades dans les rues de Glasgow. Au détour d’une grande artère se cache parfois des choses dont on ignore l’existence. Et c’est aussi parfois en bordure d’un parc pourtant éloigné du centre ville que s’offrent aux promeneurs quelques raretés architecturales. Voyez plutôt par vous-mêmes...

Kelvingrove Art Gallery and Museum

 

Kelvingrove, vue de l'arriève 

 

Saint Andrew's in the Square

 



Argyle Arcade

 

Voilà!
Une fois n’est pas coutume, c’est ainsi que je termine ce troisième message.
Bonne fin de semaine,

Jérôme


« Au début était le verbe... »

Entre le début de mon séjour, le début de l’uni et le début de mon blog, cette première semaine au coeur de Glasgow était donc dédiée « aux débuts ». Si certains se sont donnés à moi sans résistance, d’autres ont pris un malin plaisir à m’opposer leur rude audace ! Petit tour d’horizon...

S’il y a bien une chose à laquelle nul n’échappe, c’est le début. Il y a autant de débuts que de fins et il y a aussi les débuts mort-nés, comprenez, un projet qui échoue. Pour l’instant, je n’ai pas encore rencontré ce cas de figure à Glasgow mais je ne perds rien pour attendre...
Je vais tout de même commencer par le début des débuts, le début de mon séjour. Avant cela, notez la magnifique répétition du mot « début ». Il y a dix ans, mon prof m’aurait mis dans la marge un truc du style « vocabulaire peu varié » ou « Jérôme, ne peux-tu pas trouver un autre mot pour éviter cette répétition peu habile ! ». Des velléités, je vous le dis ! Alors je tiens un faire un pied de nez à toute cette bêtise et je le proclame haut et fort : vive la répétition ! Car il n’y a plus bel effet qu’une répétition amenée de manière subtile et légère et qui est parfaitement intégrée à l’économie générale d’un texte littéraire (sauf qu’on est pas dans un texte littéraire...) Bref, mon séjour fut mon premier début. Pas grand chose à dire si ce n’est la difficulté de s’intégrer dans tous les compartiments de sa nouvelle vie, autrement dit, dans tous les petits débuts qui forment le début du séjour, « ze » début, « the big one ».
Mon premier véritable début fut celui de l’uni. La découverte de ce somptueux monument architectural, qui n’est pas sans rappeler Poudlard, l’école des sorciers que fréquente Harry Potter, fut pour moi une magnifique entrée en matière. Même si je savais d’emblée que mes cours n’allaient pas se dérouler au sein même de ce bâtiment (eh, faut pas rêver non plus !), je prenais soudainement conscience de la dimension magique du lieu. Car il faut bien le dire, à côté de cela, l’université de Lausanne est immonde. Mon inscription à l’université s’est bien déroulée (comparé à Cologne) et j’ai reçu une magnifique carte d’étudiant avec ma photo et à côté de celle-ci une photo de... l’université de Glasgow ! Oui, le Poudlard écossais ! Je suis officiellement étudiant non pas en sorcellerie, mais en littératures écossaises... Je vous l’accorde, ça ne sonne pas aussi bien (si vous voulez en avoir le coeur net, dites « Harry Potter à l’école des littératures écossaises »)

 


Mon autre début, évidemment, est la création du blog que vous avez sous les yeux ainsi que l’écriture du premier message. Ça, c’est un réel plaisir ! Mis à part qu’il est toujours aussi pénible d’ajouter des photos et que la mise en page laisse à désirer, j’y ai ajouté un magnifique fond fait de subtiles nuances de bruns. Quelqu’un m’a d’ailleurs inconsciemment suggéré le titre de mon blog, « a Glaswegian Fall », qui veut dire « un automne à Glasgow ».  Je l’en remercie ! Pourquoi avoir choisi « fall » me direz-vous (oui parce que « automne » se dit d’habitude « autumn » en anglais). C’est pour des raisons pratiques avant tout que ce choix s’est imposé. Le serveur qui héberge mon blog, Romandie.com, n’acceptait en effet pas « aglaswegianautumn » car c’était trop long !! Pardi ! On est au 21ème siècle et quand vous avez des pages Internet dont l’adresse ressemble à ça :

http://www.google.ch/search?hl=fr&q=blog+a+glaswegian+fall&btnG=Rechercher&meta=

ne venez pas me dire que mon titre est trop long ! D’où l’origine du mot « fall ». Comme par hasard, le mot « fall », qui veut aussi dire « tomber » ou « chute », donne un deuxième sens à mon blog (bien malgré moi !) : « une chute à Glasgow » ! Espérons que ce titre ne sera pas prémonitoire...
Autre début, celui-ci beaucoup plus pénible, la colocation. J’ai une belle chambre, j’ai l’accès à Internet, j’ai une cuisine équipée, une salle de bain, un toilette qui sent bon, de l’eau chaude, un salon et j’ai même un toaster ! Mais voilà, je n’ai pas les amis, je n’ai pas la famille, je n’ai pas non plus mes activités et ma vie en Suisse. C’est dans ses moments de solitude qu’on se rend compte au mieux de la valeur de choses et des personnes qui nous entourent. Et c’est inestimable. Comme le nouveau-né, je dois tout découvrir, tout réapprendre (à la différence que je ne m’exprime plus en vagissant des onomatopées et autres borborygmes).
Autre début prometteur, le sport. Pour la modique somme de 30£, j’ai accès à plusieurs sports au sein de l’université (piscine, fitness, tennis et... sauna aussi !). Je suis déjà allé deux fois à la piscine, où j’ai effectué à chaque fois mes quarante traversées (dans un bassin de 25 mètres, tout de même) Et comme cette piscine est peu fréquentée, hormis peut-être quelques étudiants en sport et autres badauds de mon genre, j’ai toute la place pour effectuer mes grandes brasses coulées.
Ma plus belle réussite, mon plus beau début, c’est ce que je n’ai jamais eu la chance d’apprendre à l’école : la cuisine ! Parce qu’il faut bien le dire, en lieu et place de la cuisine, on a dû faire du bricolage, de la couture, de la soudure, du ponçage et j’en passe. Par contre, la cuisine était évidemment réservée aux filles... quelle bande de sexistes, ces écoles vaudoises ! Du coup, il a bien fallu que je m’y fasse. Même si mes plats sont peu élaborés, depuis l’Allemagne j’ai tout de même appris à cuisiner. Des viandes, des féculents et beaucoup de légumes ! J’adore ça... et par chance, il y a un magnifique magasin de légumes et fruits qui est à cinq minutes de chez moi. Autant vous le dire, les légumes (avec le fromage) est le seul luxe alimentaire que je m’autorise en ce moment. Car ils ne sont pas spécialement bons marchés...
Voilà, il fallait bien mettre un terme à tous ces débuts !
A bientôt !
Bonne soirée et bon dimanche,

Jérôme

 

 

Quelques photos supplémentaires... 

  St Georges's Tron Parish Church (city centre)

 

La cour intérieure de l'uni. Quelle splendeur! 


Premiers jours à Glasgow, premier article!

Bonjour à toutes et à tous !
Comme vous pouvez gaiement le constater, ce tout premier message inaugure en quelque sorte mon nouveau blog dédié à mon séjour à Glasgow.
Vos nombreux témoignages positifs sur mon blog de Cologne m’ont en effet incité à renouveler l’expérience. De plus, j’ai moi-même pris beaucoup de plaisir à écrire. Cela m’a permis d’avoir une réflexion quelque peu distancée sur mon passage à Cologne et comme l’écriture est précisément une activité que j’adore avoir, cela ne pouvait décemment pas mal se passer ! En tout cas, j’espère que ce nouveau blog vous plaira ou, du moins, qu’il ne vous déplaira pas. J’attendrai avec toujours la même envie vos commentaires, que vous pourrez évidemment poster dès que vous aurez fini de lire ce premier message !

Pour celles et ceux qui ne le savent peut-être pas encore, Glasgow se trouve en Ecosse. C’est une « petite » ville d’un peu plus de 600'000 habitants qui se situe à 50 minutes de train d’Edimbourg, la capitale. Ville ouvrière par excellence, Glasgow garde les stigmates de son histoire. Certaines parties de la ville sont uniquement faites de vieux bâtiments et anciennes usines. Pour le promeneur et touriste de trois jours, pas de quoi s’enflammer ! J’ai moi-même commencé par découvrir cet aspect de la ville. Ajoutez-y encore un temps typiquement écossais (couvert et pluvieux), et la ville pourrait sortir tout droit d’un film d’épouvante hollywoodien des années huitante. Mais Glasgow, ce n’est pas que ça. C’est aussi un magnifique centre ville, des nombreux quartiers plein de charmes, la Clyde (la rivière qui coupe la ville en deux), plusieurs rues marchandes et surtout une immense série de pubs, restaurants et clubs.

le centre, Georges Square

Buchanan Street, une des rues avec plein de magasins


Comme partout au Royaume-Uni, on roule à gauche, la devise est la Livre Sterling, on est pile à l’heure GMT et les gens traversent les rues n’importe où et n’importe comment ! Bref, il faut s’y faire. Tout comme pour ce qui est de l’accent écossais... Malgré mes très bonnes connaissances de l’anglais, je vous assure que j’ai parfois l’impression que certaines personnes parlent une langue qui m’est inconnue. À côté de ça, l’accent américain paraît merveilleusement compréhensible !
Côté mode, le Royaume-Uni, comme vous le savez, traverse la plus grosse crise de son histoire. Entre les innombrables fautes de goût et les bides à bières, certains habitants n’ont décidément pas peur du ridicule. Bref, Glasgow est à l’Ecosse ce que Londres est à l’Angleterre : « fashion » ! (Notez que j’aurais pu dire « bad fashion ») Pantalon moulant, chaussures basses, pull strech façon british et mèches décolorées, en un mot comme en deux, le Dandy moderne. Bref, nous n’aurons bientôt plus rien à envier à ce cher Pete Doherty si cette mode débarque chez nous.
Je vis à l’ouest de Glasgow, à 15 minutes à pied du centre ville. La situation est parfaite : je suis à 2 minutes du métro et à 10 de l’université.

ma chambre

Je vis dans une colocation à cinq. Rhona, une Irlandaise, Jamie et Simon (eh oui, il était écrit que tous mes colocataires devaient s’appeler Simon !), d’Angleterre, Karolina, de Pologne et... Jérôme, le p’tit Suisse. Sans être la colocation la plus silencieuse et la plus propre au monde, je dois dire que je m’y plais. Effectivement, le salon et le corridor ont tendance à sentir la clope froide et mes colocataires, qui sont tous très sympas, ne sont pas très discrets. Mais bon, c’est pas autrement gênant et comme l’université n’a pas encore repris ses droits, j’ai malgré tout bon espoir que cela s’arrange un peu !
Ces premiers jours furent un peu pénibles émotionnellement. Tout le monde me manque, en particulier certaines personnes. Être ainsi parachuté dans une ville inconnue vous met évidemment sur vos gardes. L’hostilité qui se dégage de ce nouveau monde me colle encore à la peau. Il me faudra encore quelque temps afin de pouvoir m’émanciper et apprivoiser la ville, ses méandres, ses coutumes. Pour y remédier, rien de tel que le mouvement. Je me promène, j’observe, je découvre et j’admire. Dès ma deuxième journée, je ai pu assister au mini concert promotionnel pour les opéras de Glasgow et d’Edimbourg. John Innes, un ténor, chantait en solo ou duo des airs d’opéra célèbres. C’était vraiment magnifique et une très bonne entrée en matière ! De plus, il faisait (tenez-vous bien !) grand beau ce jour-ci ! Incroyable mais vrai... même que le jour suivant aussi, il faisait beau. Comme quoi, l’Ecosse ne rime pas forcément toujours avec ce qu’on veut bien entendre par « temps écossais ».
En ce qui concerne la nourriture, pas de quoi fouetter un chat. Il y a des fastfood qui puent la vieille huile à des kilomètres à la ronde, des restaurants certes, mais tout cela a un prix. J’ai donc tout de suite pris des bonnes habitudes en allant acheter ma propre nourriture et me constituer mon garde-manger (beaucoup de légumes et de féculents !).
Depuis Jacques Baudoin et sa « panse de brebis farcie », qui ne connaît pas non plus le fameux plat national écossais ! Le « Haggis » est d’ailleurs toujours un sujet de moquerie pour les Français et provoque l’ire des Ecossais ! Ma prof de Lausanne, Kirsten, qui est écossaise, nous avait invité à manger du Haggis une fois. Je dois dire qu’avec une petite sauce au whisky, une autre sauce à la menthe et de la purée de chourave, ça passait comme une lettre à la poste ! C’était délicieux (et je ne plaisante pas !). D’ailleurs, Claire pourra en témoigner. Il faut dire qu’il y avait aussi une bonne dizaine de sortes de whiskys qui accompagnaient le repas, et comme on devait impérativement tous les tester...

Un joueur de cornemuse en kilt


Voilà, nous sommes mardi, premier jour officiel de l’université. Je vous raconterai ce début de semaine dans mon prochain message !
Bonne semaine à toutes et à tous,

Jérôme

 

Pour la mise en bouche, voici encore quelques photos...

Sir Walter Scott, écrivain écossais (enfin là, vous l'aurez deviné,  c'est une statue... elle se trouve à Georges Square) 

 

Mon immeuble. Ma chambre est la fenêtre au-dessus de l'écriteau "gills".

 

Une autre rue pleine de magasins, Sauchiehall St.