Scottish Highlands
Vendredi
Départ en ce vendredi 2 novembre depuis l’aéroport de Glasgow, 9h du matin. Tout s’annonçait parfaitement bien mais les premiers ennuis se sont invités. Impossible de trouver le guichet d’Easycar pour la location de la voiture. Après 45 minutes d’énervement et après avoir charogné et craché tout ce que mon vocabulaire contenait d’argot, j’ai remarqué que la feuille en ma possession précisait qu’Easycar opérait via une autre agence...
Le moment de honte et les excuses passés et une fois les clés en main, nous prenons nos quartiers à bord de notre jolie petite Peugeot 207. En bon conducteur que je suis, je me dirige évidemment à gauche pour m’asseoir au volant quand je réalise qu’il est bel et bien à droite ! Les premières impressions sont pour le moins étranges. Si le pédalier et la boîte à vitesse sont inchangés par rapport à la conduite à gauche, il va falloir changer les vitesses avec l’autre main (et je peux vous dire que j’ai été « gauche » un bon moment avant d’apprivoiser le levier !) J’allume le moteur, sors du parking et me lance sur la gauche de la route... après une heure de conduite, une queue de poisson et trois ou quatre « morsure de banquette », je me familiarise enfin avec la conduite à l’écossaise ! En réalité, ce n’est pas sorcier !
Vers 11h, nous nous arrêtons sur les bords du loch (qui veut dire « lac » en écossais) Lomond, où nous prenons quelques photos. Nous profitons de l’occasion pour prendre un petit-déjeuner bien mérité : bacon, oeuf et « rolls » (en fait, une sorte de « burger ») accompagné de trois litres de thé (sans mentir, j’ai rarement bu autant de thé que pendant ce séjour dans les Highlands !)
Après ce bref intermède, nous nous dirigeons en direction du nord-ouest et traversons déjà les premières landes remplies de petits moutons à la laine (à ne pas confondre avec l’haleine) tissée et soyeuse ; les monts et valons s’harmonisent avec les bosquets disposés ça et là au gré de l’évolution. Le ciel est écossais, couvert par moments mais avec des rayons de soleil qui illuminent tout ou partie d’un paysage aux couleurs automnales somptueuses. Nous sommes conquis, évidemment !

Raphaël s’essaie à son tour à la conduite à gauche, avec succès ! Malgré quelques frayeurs, nous atteignons la petite bourgade de Stirling. Nous visitons brièvement la rue principale puis découvrons, perché sur sa butte, le majestueux château.
Nous reprenons ensuite la route et traversons des paysages tous plus fabuleux les uns que les autres. Nous gagnons le petit village de Kenmore, au bord du loch Tay, où nous nous sustentons d’un panini et de trois autres litres de thé...
Kenmore
Nous continuons notre périple en direction du nord et contournons le loch Ness par la route est. Nous arrivons à Inverness aux alentours de 19h. Nous visitons la ville de nuit puis passons la première nuitée dans une auberge de jeunesse.
Samedi
Au petit matin, nous décidons de visiter la ville de jour mais devons préalablement déplacer la voiture dans un parking payant. Et là, impossible de trouver les clés... Après dix minutes d’inquiétude pendant lesquelles nous élaborons plusieurs thèses et hypothèses (perte des clés, vol et ainsi de suite), nous la retrouvons enfin fourrée dans une poche d’un sac... « Sacs » que nous sommes, tu veux dire !
Arrivé au centre de la ville à 8h, nous marchons dans les rues pavées, visitons le château et traversons la Ness, la rivière qui sépare la ville en deux (à défaut de pouvoir se poser pour prendre un petit-déjeuner puisque aucun café n’ouvre avant 9h30 du matin !).


Nous reprenons la route et redescendons au sud, en direction du loch Ness ! Nous nous arrêtons au Loch Ness Exhibition Centre, qui expose la naissance (du mythe) du monstre du loch Ness ainsi que toutes les recherches et hypothèses qui ont été faites jusqu’à présent. Ensuite, c’est au visiteur de juger si le monstre existe ou non... Personnellement, j’ai envie d’y croire mais l’homme ayant toujours eu un goût prononcé pour la fiction, je doute de la véracité des faits qui ont été présentés jusqu’ici (des photos floues avec des trucs qui ressortent de l’eau, des photomontages grossiers et des récits de personnes qui auraient aperçu le monstre... et qui ont certainement plus abusé du whisky local à mon avis !)
Nous longeons le loch et arrivons au château d’Urquhart (enfin ce qu’il en reste). La vue sur le loch depuis cet endroit est bluffante... Par beau temps (comme c’est le cas ce jour-ci), on y aperçoit la quasi-totalité du loch. Les eaux calmes et profondes aux couleurs noir encre contrastaient ce jour-là avec les rayons du soleil qui transperçaient les nuages. Croyez-moi, par une soirée hivernale et brumeuse et avec un soupçon de whisky dans les veines, le loch Ness est l’endroit rêvé pour la naissance de toutes sortes de légendes et de mythes...


Nous continuons notre route et nous arrêtons à Fort Augustus, petit bled charmant au sud du loch. Nous dégustons un excellent haggis, accompagné de navets et de pommes de terre. Il ne manquait que la sauce au whisky ! Ce fut excellent !
Nous repartons en début d’après-midi car une longue route nous attend. Nous nous dirigeons vers l’île de Skye, qui se situe à l’ouest à l’Ecosse. Nous sommes toujours autant impressionnés par ces paysages fantastiques qu’on dirait parfois sortis de l’imagination d’un peintre ou d’un romancier. Au fur et à mesure que nous gagnons l’île, nous apercevons les changements de végétations. L’herbe relativement verte laisse place à une flore dense et brune, les arbres multicolores disparaissent peu à peu et d’immenses montagnes s’érigent progressivement et nous guident vers des recoins inconnus et isolés.
Un loch
La route qui mène à Skye
Un autre loch...
Au détour d’un loch, nous découvrons, pantois, la représentation du château qui avait bercé l’imaginaire de notre petite enfance. Nous sommes restés sans voix l’espace de quelques secondes devant ce spectacle, devant ce rêve qui se matérialisait. C’était comme si nous faisions enfin partie de la fiction...
Remis de nos nostalgiques émotions, nous reprenons la route et, après plus de 2h de route, arrivons enfin à destination, tout au nord de l’île, à Dunvegan et prenons nos quartiers dans un joli Bed & Breakfast (pas d’auberge de jeunesse ici !). Dans le seul magasin du petit village, nous profitons d’acheter le whisky local, le « Isle of Skye », dont le parfum fumé nous a d’emblée séduit ! Le soir même se déroule également la traditionnelle fête qui célèbre la « conspiration des poudres » du 5 novembre 1605. Au château de Dunvegan, les habitants ainsi que quelques touristes, nous y compris, bravons donc pluie et froid pour assister à un très beau feu d’artifice.
Dimanche
Réveil aux aurores pour prendre notre petit-déjeuner écossais : toast, marmelade, porridge, puddings blanc et noir, saucisses, oeufs, bacon et... trois litres supplémentaires de thé noir ! Un régal ! Une fois dehors, nous prenons quelques minutes pour observer le paysage perdu dans la brume et la mer, dont l’odeur baigne la ville encore endormie.
Des paysages de "bout du monde"
Nous reprenons la voiture et nous dirigeons en direction du château de Dunvegan, que nous visitons ainsi que ses magnifiques jardins à l’anglaise.

Nous repartons en direction de Portree, la capitale de l’île de Skye, sorte de cité dortoir en basse saison. Malgré cela, la ville possède un très joli port bordé par des maisons multicolores. Nous poursuivons notre route et nous embarquons sur les routes sinueuses et étroites des montagnes qui nous mènent directement à Elgol, un « village » isolé sur la côte ouest. Nous dégustons un « scone » (sorte de petit pain local) au fromage et aux oignons, tout frais sorti du four ! Miam !
Sur le chemin d'Elgol
A Elgol
Nous quittons l’île de Skye et retrouvons l’Ecosse. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons encore à Fort William pour prendre une dernière bière au coin du feu, dans un pub !

Après plus de 2h30 de route de nuit et par pluie, nous arrivons à l’aéroport. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines... Nous suivons les indications mais à cause des travaux, nous sommes redirigés dans un parking public ! Et comme j’avais un besoin urgent d’aller vider ma vessie (qui soit dit en passant est microscopique), j’ai quitté précipitamment Raphaël, la voiture et le parking à la recherche d’une toilette. Tout est finalement rentré dans l’ordre et nous avons pu rendre la voiture en bonne et due forme.
Au cours de notre périple, nous avons donc découvert des paysages magnifiques, parfois désertiques, parfois denses mais surtout, très différents les uns des autres. Les paysages de « bout du monde » de l’île de Skye sont aussi extraordinaires que rares, l’immensité et la sérénité qui s’en dégagent nous ont empli de calme et d’harmonie. Mais durant ces trois jours, nous avons aussi rencontré des gens fort charmants et accueillants, comme à Elgol, Dunvegan ou Inverness. Nous avons bu du whisky, mangé de la panse de brebis farcie, petit-déjeuner à l’écossaise, roulé à gauche et nous avons vu le fameux loch Ness ainsi que le château de Stirling. Pour certains, la liberté est symbolisée par le « rêve américain », pour nous, elle le fut au travers de notre « scottish dream » !
Bon weekend,
Jérôme
Pour le plaisir des yeux...
Sur l'île de Skye
Avant d'arriver à Dunvegan
En direction d'Elgol
Elgol
Unique!
Toujours sur l'île de Skye
Encore et toujours Skye
Loch Ness
Un loch
Loch Ness
Urquhart Castle
Le château de notre enfance!
Et...
Votre serviteur, qui élimine les litres de thé...
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10 Novembre 2007 à 00:52 dans
- Général
