Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

A Glaswegian Fall

Marcelle la souris

Il y a quelques semaines, en allant aux toilettes pour me brosser les dents à minuit, j’avais aperçu furtivement une souris dans notre si bel et si propre appartement. Et l’autre jour, une des trappes disposées dans la cuisine a eu raison de sa victime. Seul problème, c’était un souriceau... par conséquent, la mère Marcelle court toujours ! En image, j’ai donc imaginé une matinée de sa vie, avec ses réflexions, ses états d’âme et ses buts...

Tout commence à 5h34 du matin lorsque Marcelle s’éveille et étire ses petites pattes encore tout engourdies par la longue nuit qu’elle vient de passer coincée entre le pied de la poubelle et le mur glacial.



Les odeurs de la cuisine affolent déjà les narines de Marcelle qui saute littéralement hors de son lit. Son mari, Jacques, dort encore dans le salon. Il faut dire qu’ils font chambre à part depuis la naissance de Brutus, car Marcelle est, selon les dires de son mari, « insupportable et intraitable au niveau de la nourriture ». Elle refuse dorénavant d’aller se nourrir dans la poubelle car elle veut donner ce qu’il y a de mieux à Brutus ! Jacques n’en a que faire et préfère continuer à se sustenter avec les restes de pain toast, de fromage et avec sa caverne d’Ali Baba – la poubelle, donc.
Marcelle débute son périple désormais quotidien et se met à la recherche de la meilleure nourriture pour son petit Brutus. Comme les humains tenaient une petite fête le soir d’avant, madame se met en tête d’aller voir si de beaux restes sont disponibles au salon : « quelle bande de flemmards ces humains ! Pas un chat qui bouge avant 9h du matin alors que moi, l’aïeul de ce foutoir monumental, suis debout aux aurores pour nourrir mon petit Brutus adoré ! »
Marcelle commence par inspecter sous les fauteuils. Après un bref slalom entre les vieilles bouteilles et les plastiques, elle comprend vite qu’aucune nourriture n’a échappé à ces grands bêtas d’humains : « tous des égoïstes ! », geint-elle avec véhémence.





Marcelle monte alors sur une chaussure puante qui jonche le sol poussiéreux afin d’essayer d’escalader la table du salon. Marcelle se souvient qu’il y a six mois, lorsqu’elle portait Brutus et qu’elle avait des envies de souris enceinte, elle avait déniché sur cette même table un trésor merveilleux : « j’m’en souviens comme si c’était hier, ils étaient tous partis camper une semaine et avaient oublié un sandwich sur la table. Je l’ai laissé intact pendant sept jours – une éternité ! – afin qu’il prenne du goût et puis je l’ai dévoré ! Les petits champignons et la moisissure mêlés au Cheddar anglais avec ce soupçon d’effluves nauséabondes, j’ai bien cru que le paradis s’offrait à moi ! », raconte Marcelle la larme à l’oeil.





Mais la table est trop haute et à bientôt 38 ans, Marcelle ne veut pas risquer de se briser les os pour trois bières et des mégots qui traîneraient sur la table. Elle se dirige donc vers la cuisine, là précisément où elle a le plus de chance de trouver quelque nourriture. Marcelle évite tout d’abord soigneusement quelques endroits dangereux :





« Ces humains », se dit-elle, « ils croient que nous, les adultes, on se fait encore avoir par ces pièges ! Nuls ! Ils sont si débiles qu’ils mettent même du fromage pour nous appâter... Tout le monde sait que nous ne mangeons pas de fromage, à l’exception du Cheddar moisi. Tenez, par exemple, Jacques est allergique au lactose et la dernière fois, il a bien failli rester sur le carreau. Quel idiot celui-ci, je lui avais pourtant dit que même le Gruyère contenait du lactose. J’aurais été belle, enceinte jusqu’à la fourrure et avec des nausées à vous faire regretter toutes les nuits de plaisir charnel. En plus, tout ça pour le plaisir de monsieur ! Tu penses, le truc de la migraine, ça fait longtemps que ça marche plus. En plus, malgré que Jacques soit fort bien membré, même en période de turgescence les capotes humaines sont dix fois trop grandes ! Même que le Jacques il avait failli s’étouffer avec une... Du coup, c’est moi qui trinque ! La dernière portée, j’ai mis au monde huit braves bébés et j’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée. Le Jacques, pendant ce temps, il sirotait tranquillement un fond de whisky en regardant la télé ! »
Après cet intermède lubrique, Marcelle se remet à la tâche. Elle inspecte avec soin les contours de la table et grimpe sur le balai afin d’arriver sur le plan de travail. Malgré tous les restes de nourriture, aucun ne convient à Marcelle : « non mais bon, je donnerais même pas ça à ma pire ennemie ! Eux, les humains, ils bouffent comme des porcs. Et ça se prétend la race supérieure. Dans ce cas-là, moi je suis Rémy dans « Ratatouille » ! »
Marcelle trouve finalement un petit bout de pain grillé qui fera office d’hors-d’oeuvre.



Elle sait aussi que Jérôme, le nouveau locataire, conserve toujours un peu de nourriture dans sa chambre : « il fait que de boire du thé, c’ui-là ! Un vrai mollusque ! En plus il embaume sa chambre d’encens et se gave de cookies gras et infâmes. Faut quand même reconnaître que j’avais pu dénicher un pain toast complet dans sa chambre. Je suis certaine qu’à l’heure actuelle, il doit toujours être en train de se demander où il est passé... », ricane Marcelle.
Elle entre donc dans la chambre de Jérôme, qui pionce et ronfle tel un bienheureux. Elle inspecte tout d’abord le bureau, puis la commode. Rien. Elle se dirige vers la table de nuit et s’enfile dessous. Toujours rien. C’est alors qu’elle aperçoit quelque chose sous le lit. Quelques chose qui s’apparente à un vieux bout de Cheddar puant...
S’approchant à grands pas de rats, elle plonge les dents en avant sur le morceau qu’elle mord avec toute l’énergie du désespoir. Horreur ! Ce n’est pas du Cheddar ! Marcelle vient en effet de laisser une trace indélébile dans la boule Quies que Jérôme a perdue pendant la nuit...



« Mon dieu !! », s’exclame Marcelle tout en recrachant le bout de mousse qu’elle a dans la bouche. « C’est immonde ! Une boule Quies puante et enduite de cérumen ! Ce type ne se lave donc jamais les oreilles !? », vagit-elle.
Partiellement remise de ses émotions, Marcelle escalade la chaise de bureau afin d’accéder à la bibliothèque, dernier garde-manger hypothétique de cette chambre. C’est alors que le trésor tant recherché apparaît à la petite Marcelle. Son ventre gargouille, ses yeux s’exorbitent, Marcelle salive de joie et d’appétit. Elle pousse le tout au sol afin d’en faire profiter Brutus, qu’elle s’en va immédiatement réveiller.



Après ce copieux repas, Marcelle, la peau de son petit ventre toute tendue, ne cache pas sa satisfaction : « ça valait la peine de se battre ! Et je dois dire que ce grand nigaud m’a étonnée en bien, pour une fois. Il me le devait bien, surtout après l’affront sans précédent de la boule Quies ! », se dit-elle encore toute bouleversée...



C’est sur cette note positive que s’achève donc la matinée de Marcelle, qui s’en va ainsi poursuivre l’éducation de Brutus dans les meilleures conditions.


PS : l’auteur de ce texte précise que l’histoire contée est une fiction et que toute ressemblance avec un ou des personnages réels serait absolument fortuite. Cependant, il précise que l’épisode de la boule Quies est véridique, puisque le soir, cherchant ladite boule, Jérôme la dénicha finalement sous son lit avec cette unique morsure de souris ! Il en déduisit qu’il ne pouvait s’agir que de la marque de la dentition de Marcelle.

 

Pour celles et ceux qui ne savent pas à quoi ressemble Rémy dans le film Ratatouille, l'auteur vous met à disposition cette illustration. Un vrai mannequin dans un magazine de mode.

On en aimerait presque les souris, pas vrai! 


« Niouses » en vrac

Pas de nouveautés en ce début de semaine et donc pas d’intérêt à publier du vide. Le néant, c’est pesant. Alors, je vous donne deux ou trois informations dénuées de sens sur ces trois premiers jours et deux ou trois nouvelles glanées au fil du web que je trouve dignes d’intérêt !

On va commencer par moi, n’en déplaise à ceux qui trouvent mon blog chiant et vulgaire. Lundi, j’ai commencé par sauter mon premier cours à pied joints. Ce qui revient à dire que j’ai déjà manqué un tiers de mes cours de la semaine. Comme vous le constatez, les maths très élémentaires et qui desservent ma cause me conviennent à merveille. Une pensée pour Maîtresse Mireille qui bronze au pays des maths...
Ensuite, j’ai vu mes coséminaristes, avec qui je dois présenter un séminaire la semaine prochaine. Comme une des filles était absente, on dû reporter tout ça à mercredi. À la place, je suis allé faire des brasses à la piscine et ai profité de la chaleur du sauna. Lundi soir à souper, émincé de poulet au curry avec riz et salade de tomates, basilic, mozarella. Et un verre de vin rouge. Puis, soirée boulot, thé et chocolat (mes parents et ma grand-maman ne sont pas arrivés les mains vides !)
Mardi matin, rencontre avec Tony, mon partenaire linguistique, après-midi travail et shopping (faut bien se nourrir). Puis boulot le soir...
Mercredi, mon deuxième cours (en fait, le premier !), puis rencontre avec mes coséminaristes pour la deuxième fois. Quelques brasses à la piscine et travail l’après-midi. Le soir, répétition avec mon choeur puis une bière avec une des sopranes, deux basses et le « chef d’orchestre », Chris. 22h locales, défaite de l’Angleterre face à la Croatie (en foot donc) et le dépit qui se lit sur les visages de mes deux colocs’ anglais, Jamie et Simon (prononcez « Jeemy » et « Saïmen »).
Enfin, publication de mon article, à 22h12 heure locale!

Passons aux nouvelles de la planète. Tout d’abord, il y en a tellement qu’il m’est impossible de toutes les citer. Alors si j’ai manqué la dernière apparition de Lolita dans les journaux « pipeuls » ou la dernière ânerie de l’UDC, soyez indulgents.
Par contre, impossible de l’avoir manqué, lui ! Le maître absolu, incontesté et incontestable du tennis mondial, le Suisse (yeahhh !) Roger « Rodgeur » Federer ! Avec une saison de toute beauté, il se devait de remporter ce masters, qui réunissait en toute simplicité les huit meilleurs joueurs du monde. Et il l’a finie de la plus belle des manières, en remportant son 53ème titre ! La consolation pour son adversaire ? Il a reçu 1 mio de dollars pour la plus belle leçon de tennis au monde...

 

En ce moment: trois duels avec une autre légende du tennis, Pete Sampras ! Et ça a déjà commencé : « Rodgeur » vient de battre « Pistol Pete » 6.4 6.3
Je donnerais très cher pour assister à l’un de ces trois matches ! Si quelqu’un obtient la diffusion des matches sur sa télé, même partiellement, il se doit de mes les enregistrer !!! Je lui ramènerai une bonne bouteille de whisky qu’on ne trouve qu’ici... (allez, à vos magnétos !)

Pistol Pete et Rodgeur

Autre nouvelle, plus insolite (mais qui date un peu). Il y a quelques semaines, j’ai lu qu’un collégien français avait traduit à lui seul le dernier tome des aventures de Harry Potter ! Pardi ! Et qu’il l’avait publié sur Internet, le faquin ! Ce qui m’inspire deux remarques. Premièrement, j’imagine la gueule dépitée de son prof d’anglais. En tant que futur prof, si un jour un de mes élèves traduit un livre de 600 pages, j’aurai non seulement la décence de lui mettre une bonne note mais en plus de l’envoyer chez un éditeur. Évidemment, au lieu de cela, il a été interpellé et interrogé au poste de police. Deuxième remarque, imaginons donc le dialogue suivant entre le bambin de 16 ans et l’inspecteur en chef de la brigade de répression des fautes d’orthographe :

- « Bon, alors, nous-y voilà, décline ton identité p’tit freluquet », entame l’inspecteur avec son accent vaudois bien trempé.
- « Nom de famille, Pauteur, prénom, Harry » rétorque le présomptueux ! L’inspecteur, manquant de s’étouffer en déglutissant son café au lait du matin, détonne :
- « Tu te crois plus malin que moi, hein !! »
- « Non m’sieur, j’oserais pas ! », se poile-t-il.
- « Cette jeunesse, plus de respect ! », poursuit l’inspecteur.
- « Mais c’est mon vrai nom m’sieur ! D’ailleurs, je peux vous l’prouver et vous faire un tour de magie si vous voulez... ». Lui coupant la parole, l’inspecteur en chef répond avec fermeté : « Nan, nan, pas d’ça ici !! Je sais comment ça va finir, tu vas tenter de prendre la poudre d’escampette, on va d’voir te menotter sec et tu vas aller pleurer chez ta mère ! »
- « Mais non, je... »
- « Bon, tu vas te décider à me donner ton vrai nom, j’ai pas qu’ça à faire ! »
- « Mais, puisque je vous dis que je m’appelle Harry Pauteur, regardez ! ». Harry tend sa carte d’identité et l’inspecteur en chef de la brigade de répression des fautes d’orthographe jette alors un oeil sceptique sur document du jeune Pauteur...
L’inspecteur, mort de honte, tente de garder son calme et sa dignité, à l’image du roi Arthur dans les Monty Python : « Mouais, t’as de la chance que tes parents soient pas là, car je leur passerais un bon savon ! Quelle idée d’appeler leur fils comme ce sale gosse qui fait des tours de passe-passe... »
- « Sauf que je suis né avant le magicien, m’sieur ! C’est m’dame Rowling qu’a copié mes parents... »
- « Suffit ! », grogne-t-il en coupant court aux dires du morveux.
- « ... »
- « Bon, alors, c’est pas bien beau à voir et à lire tout ça, parce que dans ta traduction, tiens-toi bien, on a pu constater 57 fautes d’orthographe, 381 fautes de traductions, 512 fautes de concordance des temps, 1245 fautes de syntaxe et surtout, et c’est le plus alarmant, 1639 fautes de frappe !! C’est pas du boulot mon gars ! Je sais pas si tu t’représentes la perte de gain. Et mes collègues et moi, ben on a passé 72 heures non-stop et sans café – la machine était en panne – à relire ta copie ! La Rowling, elle s’rait pas très contente, hein. Alors, tu te demandes t’jours pourquoi t’es au poste, p’tit malin ! »

L’histoire ne dit pas si le pauvre Pauteur s’en est sorti avec une amende ou juste avec une mauvaise note...
Moralité : mieux vaut tricher à l’école, moi je vous l’dis !

Jérôme


Desperate Houseman

Je vous l’avoue, je viens de visionner le dernier épisode de la troisième saison de « Desperate Housewives » et je suis en manque ! J’ai poussé ma dépendance jusqu’à aller lire le résumé du premier épisode de la saison quatre... « juste pour savoir » ...

Je hais la télévision et je hais tous ces créateurs de rêves ! Moi qui crache sur les films américains niais et insipides, je suis évidemment mal placé pour avouer mon penchant pour « Desperate Housewives ». Ma seule fierté est d’avoir su faire durer la 3ème saison pendant plus de deux mois à raison d’un, voire deux épisodes par semaine, que je savourais volontiers avec un verre de vin ou avec du chocolat. À la rigueur, un petit whisky. Bref, un de ces moments de plaisirs anodins qui font que la vie nous paraît parfois beaucoup plus belle !
Cet épisode fort honteux passé, j’ai commencé une nouvelle activité : le chant ! Il y a trois semaines, j’allais donc à ma première répétition. L’ambiance m’a immédiatement séduit ; un petit choeur informel, pas de prise de tête, des gens ouverts et sympas et un étudiant bénévole qui nous accompagne au piano et nous coach. C’est exactement ce qu’il me fallait pour débuter. Nous avons même un petit concert de prévu le 12 décembre, pour les personnes désireuses de venir nous écouter...
Pas facile cependant de sortir tout de suite les bonnes notes. Je pédale dans le yaourt, c’est le cas de le dire. Heureusement que j’ai quand même des notions de lectures et une certaine idée de la musicalité, sans quoi je pourrais tout de suite arrêter. Mais on vient de débuter une nouvelle série de chants, dont quelques chants de Noël écossais et le fameux « White Christmas », et j’ai bon espoir que ça s’améliore !
Et comme je prends goût à cette activité, j’ai décidé de poursuivre l’aventure en Suisse. Mais je pense qu’il me faudra quelques cours de chant, ne serait-ce que pour « trouver ma voix » (à défaut de me la casser, comme Patrick Bruel)
La fin de l’année approchant, je me suis mis au travail de façon plus sérieuse et j’ai du pain sur la planche. Si vous constatez une baisse de fréquence des messages sur mon blog, ne vous inquiétez donc pas !
Comme je n’ai pas de photos à vous proposer, j’ai pris une pause des deux animaux que j’ai ramenés de mes deux voyages dans les Highlands. Ils se portent très bien, merci beaucoup ! Ils adorent ma chambre et les odeurs de thé et de chaussettes humides qui y règnent. Ils sont très dociles mais peu loquaces, pas encombrants et ne réclament que peu de nourriture. Au mieux, une petite caresse de temps à autre. L’un (et vous le reconnaîtrez) s’appelle Nessie et nous vient directement du loch Ness. Je confirme qu’il n’y a donc plus de monstre dans le fameux loch, puisqu’il est chez moi ! L’autre bestiole, je l’ai baptisée « Sheepy », puisque c’est un mouton (qui se dit « sheep » en anglais). Et puisque le petit jojo me donne pas mal de fil à retordre, notamment parce qu’il est en pleine mue, j’ai ajouté un « y » à son nom (« sheepy » comme « chipie »). De plus, Nessie et Sheepy, ça rime. J’espère que ces deux-là n’iront pas semer la zizanie dans ma colocation ou qu’il ne leur viendra pas à l’esprit de copuler... je n’ose pas imaginer le résultat !

Bonne semaine !
Jérôme

 

Nessie

 

Sheepy


Visite de mes parents et de ma grand-maman

Mes parents et ma grand-maman m’ont fait l’immense plaisir de venir me trouver au fin fond du Royaume-Uni le weekend dernier ! Un p’tit tour dans les Highlands et une visite superficielle de la ville leur ont donné un bon aperçu de mon style de vie depuis bientôt deux mois.

Ils sont arrivés à Glagow le sourire aux lèvres, le teint pimpant et l’haleine fraîche. Un beau cadeau pour une fin de semaine hivernale ! À peine logés dans leurs luxueux appartements à Belgrave Terrace, petit-déj’ écossais compris et écureuils espiègles à la fenêtre, qu’il était déjà temps pour eux de se frotter à la cuisine locale pour leur premier souper. Malgré le scepticisme de mon père, nous commandons quatre haggis (la fameuse panse de brebis farcie, donc) accompagnés de purées de pommes de terre et de navets que nous savourons avec un plaisir non dissimulé. Le tout, évidemment, accompagné d’une bouteille de rouge. Avant de conclure cette première soirée, nous prenons un dernier verre dans un des nombreux pubs qui bordent la Great Western Road. Pour respecter la parité, deux Bailey’s pour les dames, deux whisky les messieurs.
Le lendemain, nous partons aux aurores pour un petit tour dans les Highlands et plus particulièrement, en direction du loch Ness. Notre guide s’appelle Bill et c’est un pur Écossais : un accent bien trempé, une sympathique haine pour les Anglais et le goût pour nous faire croire que le monstre du loch Ness existe bel et bien !
Nous roulons en direction du nord et longeons le loch Lomond en passant par Fort William et Fort Augustus. Le temps est résolument humide et venteux et une épaisse brume borde le sommet des montagnes tourmentées que nous traversons. Les paysages sont angoissants, dramatiques mais surtout, magnifiques.

 

Nous nous arrêtons au loch Ness, certes embrumé mais toujours aussi saisissant.



La même, mais avec moi

Mon père à la recherche de Nessie... 

Nous profitons de l’occasion pour faire nos emplettes dans le magasin pour touristes. Entre les peluches, kilts, whisky, tasses et autres drôleries, il y a de quoi se rincer l’oeil et dépenser tout son argent. Nous avalons par la même occasion quelque nourriture et quelques litres de thé au petit café du coin.



Nous repartons en direction de Inverness, au nord du loch Ness puis redescendons en direction de Glasgow une fois la nuit tombée (rappelons qu’il fait nuit à partir de 16h30 par ici). Le soir même nous mangeons asiatique (sans oublier la bouteille de vin rouge !) puis, fatigués par le voyage, regagnons nos pénates respectives.
Dimanche, jour du seigneur, pas de messe. Ma grand-maman a pourtant beaucoup insisté et mon père chantait déjà les cantiques mais nous y avons finalement renoncé. En lieu et place des oblats, nous optons pour un déjeuner à l’écossaise. S’ensuit une visite de la ville, d’autant qu’il faisait magnifiquement beau (mais froid) ce jour-ci. Nous nous arrêtons dans un immense magasin Apple et observons le tout nouveau tout beau Iphone. C’est une belle pièce, mais c’est gros et c’est cher. Et entre nous, que celui qui utilise plus de 20% des capacités de ce petit bijou me jette la première pierre ! Enfin si quelqu’un se sent l’âme de me l’offrir, j’aurais tort de refuser (mais alors, qu’il attende la deuxième génération, ne jamais acheter la première !)
Nous visitons ensuite l'université, la cathédrale de Glasgow, le centre-ville et les rues commerciales. Nous prenons le temps de nous enfiler dans la minuscule Argyle Arcade, qui regorge de parures diverses (colliers, bagues, montres et tout le tralala) toutes plus tape-à-l’oeil les unes que les autres. À midi et sous l’impulsion de ma mère (un besoin naturel urgentissime aidant), nous prenons place dans un pub. Nous dégustons un Fish & Chips et faisons les yeux doux à la bouteille de vin rouge qui « escorte » notre repas.

Ils posent devant l'uni. Perso, je trouve qu'on dirait presque une photo sortie d'un de ces guides pour faire découvrir la ville aux touristes!

Le soir venu et après leur avoir largué quelques kilos de mes bagages que j’utilise plus, nous repartons à ... l’église ! Croyez-le ou non, les Glasgwégiens ont eu la bonne idée de transformer une église en un restaurant. Et comme l’a souligné ma grand-maman, on viendrait ainsi plus souvent à l’église ! Inutile de vous dire que nous avons bien mangé et ... bien bu. Afin de conclure cette magnifique soirée et ce séjour écossais, nous prenons un dernier verre au pub « The Belle », dont nous avons pu apprécier la cheminée rutilante, les hures hautes en couleur et les effluves oniriques du Laphroaig, un délicieux whisky au nom imprononçable.
Lundi, départ pour l’aéroport à bord d’un taxi-opéra (selon les propres termes du chauffeur). Justement, le chauffeur, un émigré italien fort sympathique, nous a passé du Pavarotti et du Bocelli pendant tout le trajet.
Ainsi se termine ce weekend chargé d’émotion et de découverte ! Ce fut également l’occasion pour nous tous de se revoir et de passer un excellent moment. Donc un immense MERCI aux trois concernéEs d’être venus me rendre visite !! Je vous dis à bientôt!

Bonne fin de semaine à vous autres et restez au contact !
Jérôme

 

Si vous passez une mauvaise journée, regardez donc la photo qui suit. On est dans le taxi qui nous ramène à la maison après notre journée dans les Highlands. Ma mère venait de faire une blague vaguement en-dessous de la ceinture et la fatigue aidant, on a bien ri... (voyez plutôt, surtout ma grand-maman!)

 


Scottish Highlands

Les Highlands écossais se sont offert à nous de la plus belle des manières ; les lochs, les forêts, les monts, vallons et autres moutons dessinent des paysages dont la beauté et l’immensité vous coupent littéralement le souffle ! Récit de nos trois jours d'aventure...

Vendredi
Départ en ce vendredi 2 novembre depuis l’aéroport de Glasgow, 9h du matin. Tout s’annonçait parfaitement bien mais les premiers ennuis se sont invités. Impossible de trouver le guichet d’Easycar pour la location de la voiture. Après 45 minutes d’énervement et après avoir charogné et craché tout ce que mon vocabulaire contenait d’argot, j’ai remarqué que la feuille en ma possession précisait qu’Easycar opérait via une autre agence...
Le moment de honte et les excuses passés et une fois les clés en main, nous prenons nos quartiers à bord de notre jolie petite Peugeot 207. En bon conducteur que je suis, je me dirige évidemment à gauche pour m’asseoir au volant quand je réalise qu’il est bel et bien à droite ! Les premières impressions sont pour le moins étranges. Si le pédalier et la boîte à vitesse sont inchangés par rapport à la conduite à gauche, il va falloir changer les vitesses avec l’autre main (et je peux vous dire que j’ai été « gauche » un bon moment avant d’apprivoiser le levier !) J’allume le moteur, sors du parking et me lance sur la gauche de la route... après une heure de conduite, une queue de poisson et trois ou quatre « morsure de banquette », je me familiarise enfin avec la conduite à l’écossaise ! En réalité, ce n’est pas sorcier !
Vers 11h, nous nous arrêtons sur les bords du loch (qui veut dire « lac » en écossais) Lomond, où nous prenons quelques photos. Nous profitons de l’occasion pour prendre un petit-déjeuner bien mérité : bacon, oeuf et « rolls » (en fait, une sorte de « burger ») accompagné de trois litres de thé (sans mentir, j’ai rarement bu autant de thé que pendant ce séjour dans les Highlands !)



Après ce bref intermède, nous nous dirigeons en direction du nord-ouest et traversons déjà les premières landes remplies de petits moutons à la laine (à ne pas confondre avec l’haleine) tissée et soyeuse ; les monts et valons s’harmonisent avec les bosquets disposés ça et là au gré de l’évolution. Le ciel est écossais, couvert par moments mais avec des rayons de soleil qui illuminent tout ou partie d’un paysage aux couleurs automnales somptueuses. Nous sommes conquis, évidemment !





Raphaël s’essaie à son tour à la conduite à gauche, avec succès ! Malgré quelques frayeurs, nous atteignons la petite bourgade de Stirling. Nous visitons brièvement la rue principale puis découvrons, perché sur sa butte, le majestueux château.
Nous reprenons ensuite la route et traversons des paysages tous plus fabuleux les uns que les autres. Nous gagnons le petit village de Kenmore, au bord du loch Tay, où nous nous sustentons d’un panini et de trois autres litres de thé...

Kenmore

Nous continuons notre périple en direction du nord et contournons le loch Ness par la route est. Nous arrivons à Inverness aux alentours de 19h. Nous visitons la ville de nuit puis passons la première nuitée dans une auberge de jeunesse.


Samedi
Au petit matin, nous décidons de visiter la ville de jour mais devons préalablement déplacer la voiture dans un parking payant. Et là, impossible de trouver les clés... Après dix minutes d’inquiétude pendant lesquelles nous élaborons plusieurs thèses et hypothèses (perte des clés, vol et ainsi de suite), nous la retrouvons enfin fourrée dans une poche d’un sac... « Sacs » que nous sommes, tu veux dire !
Arrivé au centre de la ville à 8h, nous marchons dans les rues pavées, visitons le château et traversons la Ness, la rivière qui sépare la ville en deux (à défaut de pouvoir se poser pour prendre un petit-déjeuner puisque aucun café n’ouvre avant 9h30 du matin !).



Nous reprenons la route et redescendons au sud, en direction du loch Ness ! Nous nous arrêtons au Loch Ness Exhibition Centre, qui expose la naissance (du mythe) du monstre du loch Ness ainsi que toutes les recherches et hypothèses qui ont été faites jusqu’à présent. Ensuite, c’est au visiteur de juger si le monstre existe ou non... Personnellement, j’ai envie d’y croire mais l’homme ayant toujours eu un goût prononcé pour la fiction, je doute de la véracité des faits qui ont été présentés jusqu’ici (des photos floues avec des trucs qui ressortent de l’eau, des photomontages grossiers et des récits de personnes qui auraient aperçu le monstre... et qui ont certainement plus abusé du whisky local à mon avis !)
Nous longeons le loch et arrivons au château d’Urquhart (enfin ce qu’il en reste). La vue sur le loch depuis cet endroit est bluffante... Par beau temps (comme c’est le cas ce jour-ci), on y aperçoit la quasi-totalité du loch. Les eaux calmes et profondes aux couleurs noir encre contrastaient ce jour-là avec les rayons du soleil qui transperçaient les nuages. Croyez-moi, par une soirée hivernale et brumeuse et avec un soupçon de whisky dans les veines, le loch Ness est l’endroit rêvé pour la naissance de toutes sortes de légendes et de mythes...






Nous continuons notre route et nous arrêtons à Fort Augustus, petit bled charmant au sud du loch. Nous dégustons un excellent haggis, accompagné de navets et de pommes de terre. Il ne manquait que la sauce au whisky ! Ce fut excellent !
Nous repartons en début d’après-midi car une longue route nous attend. Nous nous dirigeons vers l’île de Skye, qui se situe à l’ouest à l’Ecosse. Nous sommes toujours autant impressionnés par ces paysages fantastiques qu’on dirait parfois sortis de l’imagination d’un peintre ou d’un romancier. Au fur et à mesure que nous gagnons l’île, nous apercevons les changements de végétations. L’herbe relativement verte laisse place à une flore dense et brune, les arbres multicolores disparaissent peu à peu et d’immenses montagnes s’érigent progressivement et nous guident vers des recoins inconnus et isolés.

Un loch

 

La route qui mène à Skye

Un autre loch...

Au détour d’un loch, nous découvrons, pantois, la représentation du château qui avait bercé l’imaginaire de notre petite enfance. Nous sommes restés sans voix l’espace de quelques secondes devant ce spectacle, devant ce rêve qui se matérialisait. C’était comme si nous faisions enfin partie de la fiction...



Remis de nos nostalgiques émotions, nous reprenons la route et, après plus de 2h de route, arrivons enfin à destination, tout au nord de l’île, à Dunvegan et prenons nos quartiers dans un joli Bed & Breakfast (pas d’auberge de jeunesse ici !). Dans le seul magasin du petit village, nous profitons d’acheter le whisky local, le « Isle of Skye », dont le parfum fumé nous a d’emblée séduit ! Le soir même se déroule également la traditionnelle fête qui célèbre la « conspiration des poudres » du 5 novembre 1605. Au château de Dunvegan, les habitants ainsi que quelques touristes, nous y compris, bravons donc pluie et froid pour assister à un très beau feu d’artifice.



Dimanche
Réveil aux aurores pour prendre notre petit-déjeuner écossais : toast, marmelade, porridge, puddings blanc et noir, saucisses, oeufs, bacon et... trois litres supplémentaires de thé noir ! Un régal ! Une fois dehors, nous prenons quelques minutes pour observer le paysage perdu dans la brume et la mer, dont l’odeur baigne la ville encore endormie.

Des paysages de "bout du monde"

Nous reprenons la voiture et nous dirigeons en direction du château de Dunvegan, que nous visitons ainsi que ses magnifiques jardins à l’anglaise.



Nous repartons en direction de Portree, la capitale de l’île de Skye, sorte de cité dortoir en basse saison. Malgré cela, la ville possède un très joli port bordé par des maisons multicolores. Nous poursuivons notre route et nous embarquons sur les routes sinueuses et étroites des montagnes qui nous mènent directement à Elgol, un « village » isolé sur la côte ouest. Nous dégustons un « scone » (sorte de petit pain local) au fromage et aux oignons, tout frais sorti du four ! Miam !

Sur le chemin d'Elgol

A Elgol

Nous quittons l’île de Skye et retrouvons l’Ecosse. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons encore à Fort William pour prendre une dernière bière au coin du feu, dans un pub !



Après plus de 2h30 de route de nuit et par pluie, nous arrivons à l’aéroport. Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines... Nous suivons les indications mais à cause des travaux, nous sommes redirigés dans un parking public ! Et comme j’avais un besoin urgent d’aller vider ma vessie (qui soit dit en passant est microscopique), j’ai quitté précipitamment Raphaël, la voiture et le parking à la recherche d’une toilette. Tout est finalement rentré dans l’ordre et nous avons pu rendre la voiture en bonne et due forme.

Au cours de notre périple, nous avons donc découvert des paysages magnifiques, parfois désertiques, parfois denses mais surtout, très différents les uns des autres. Les paysages de « bout du monde » de l’île de Skye sont aussi extraordinaires que rares, l’immensité et la sérénité qui s’en dégagent nous ont empli de calme et d’harmonie. Mais durant ces trois jours, nous avons aussi rencontré des gens fort charmants et accueillants, comme à Elgol, Dunvegan ou Inverness. Nous avons bu du whisky, mangé de la panse de brebis farcie, petit-déjeuner à l’écossaise, roulé à gauche et nous avons vu le fameux loch Ness ainsi que le château de Stirling. Pour certains, la liberté est symbolisée par le « rêve américain », pour nous, elle le fut au travers de notre « scottish dream » !

Bon weekend,
Jérôme

 

Pour le plaisir des yeux...

Sur l'île de Skye

Avant d'arriver à Dunvegan

En direction d'Elgol

Elgol 

Unique!

Toujours sur l'île de Skye

Encore et toujours Skye

Loch Ness
 

Un loch

Loch Ness

Urquhart Castle

Le château de notre enfance!

 

Et...

Votre serviteur, qui élimine les litres de thé...