Laundry
J’ai toujours pensé que les inventions ménagères étaient de vraies révolutions culturelles. Aspirateur, lave-vaisselle, fourneau à gaz et autres créations ont envahi nos cuisines et bouleversé nos habitudes. Et cette ivresse inventive ne faiblit pas, puisque le fourneau à gaz a laissé sa place à l’induction, le fouet (pas celui de Mireille évidemment...) au mixer multi-usage et la bonne vielle cafetière italienne à la machine Nespresso ! Il ne tient ensuite qu’à vous de savoir si ces appareils ont réellement apporté un confort inestimable ou s’ils tendent plutôt à vous pourrir l’existence.
Le fait est que je dois aujourd’hui me passer d’un outil qui est ma foi fort avantageux, néanmoins tout à fait superflus : le séchoir. En lieu et place dudit appareil, nous avons un misérable étendard, si petit que l’on peut à peine y disposer trois chaussettes et si mal conçu que les quelques habits qui pourraient être étendus se chevauchent, ceci quelle que soit la manière dont vous essayer de les arranger. De plus, l’étendard trône dans le hall d’entrée, place incongrue si l’on tient compte qu’il reçoit tout ce qui traîne de plus mal sein dans une colocation comme celle-ci, soient les effluves de clopes froides, les odeurs de bacon frit et oeufs brouillés du matin et surtout, les odeurs parfois nauséabondes des toilettes (tous les chemins mènent au corridor !)
Pas de séchoir, pas d’étendard, il fallait donc trouver l’expédient idéal. Désormais et pour le plus grand bonheur de mes habits et de celui qui les porte, je pends mes jeans, pantalons, chaussettes et strings léopards dans ma penderie ! Puisque que je ne l’utilise que pour pendre trois habits, soit ma veste d’hiver, ma pèlerine et mon unique chemise (rappelez-vous que je suis arrivé par avion, ce qui signifie limite de poids), j’ai donc réaffecté ma sublime penderie à une fonction inédite. On appelle ça l’art du détournement.
Dans le genre détournement, les films nous ont appris par exemple qu’un couteau de cuisine pouvait servir à tuer votre conjoint, une table de salon à y poser les pieds ou une cuisine à beurrer le moule et faire cuire le poireau...
Vous l’aurez compris, dans ce genre de situation, l’importance ne réside en fait pas dans l’invention elle-même. Ceci m’amène donc au deuxième détournement. Puisque la penderie est une pièce minuscule et par conséquent peu aérée, je ne peux pas y laisser mon linge moisir à l’intérieur. Afin également d’accélérer le processus (très utile quand il s’agit de laver et de sécher mon unique drap en l’espace de douze heures), j’enclenche mon petit chauffage à air pulsé et l’enferme dans la penderie avec mes habits ! Et ça marche ! En moins de dix heures, toutes mes affaires sont sèches, archis sèches.
Que cela ne vous donne toutefois pas d’autres idées de détournement (faire sécher votre chien de cette manière par exemple), car je ne voudrais pas être à la source d’un odieux procès !
Bonne semaine,
Jérôme
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29 Octobre 2007 à 11:32 dans
- Général
