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A Glaswegian Fall

Culture pub

Être catapulté dans un pays étranger nous « contraint » parfois à des activités que nous n’aurions jamais imaginé faire chez soi. Notamment, les sorties rugby dans les pubs (d’où le titre évocateur) ou le fait de se retrouver à une fête dans l’appartement d’une personne inconnue à minuit...

La soirée de jeudi est dévouée à ma sortie désormais habituelle au « Primary », le pub qui accueille une fois par semaine la grande réunion des étudiants en échange. J’ai toujours trouvé assez singulier le fait de nommer des endroits avec des noms provocateurs. Ça donne lieu à toutes sortes d’interprétations, des plus folles ou plus sobres...
Étrangement, « Primary » a deux traductions antithétiques, puisqu’il peut signifier aussi bien « premier » que « primaire ». Vous me direz, la racine est identique. Vrai, mais quand on parle du « premier de classe » ou « d’instinct primaire », les choses sont bien différentes, même si les deux expressions ne sont pas forcément complimenteuses.
Par exemple, le premier de classe est le boutonneux aux grosses lunettes et dont les pantalons sont trop courts. Au contraire de ses autres petits camarades, le premier de classe ramène toujours un agenda vierge de ratures et dont la perfection ferait pâlir miss Monde en personne. À l’inverse et pour mesurer l’instinct primaire, rien de tel que de s’installer dans un pub anglais lors d’un match de rugby, en l’occurrence, une finale de coupe du monde. Ce sport, pour autant qu’on puisse encore l’appeler ainsi, est à l’image du public qu’il draine. Si les muscles des joueurs se situent aux endroits propices, il n’en est pas forcément de même pour les spectateurs. Sous le maillot du supporter, on devine les courbes de la brioche nourrie aux frites et aux pintes de bière. Les gueules d’acier des sportifs contrastent avec les gueules de bois du lendemain et la finesse du rugby dénote de la virtuosité verbale des supporters. La culture des pubs, c’est ça ! Et comme l’Angleterre a perdu, les sifflets ont redoublé. J’ai lu que Jonny Wilkinson, suite à la défaite, s’était pris une bonne biture... Quand je vous dis que le rugby n’est autre que la farce télévisée de l’être humain, je n’ai pas tout tort ! Ces propos seront évidemment corroborés par les tonnes d’émissions poubelles que nous voyons sur nos petits écrans et dont les héros ne sont que de simples quidams. Ceci dit, j’ai beaucoup apprécié cette sortie. Car vivre au Royaume-Uni, c’est vivre les pubs et cette fièvre du sport !

Jonny Wilkinson en mauvaise posture...

Mais ce n’est pas tout (hé, on allait pas s’arrêter en si bon chemin) ! Samedi à midi, c’était aussi le derby entre les deux équipes de foot locales, le Celtic Glasgow et les Glasgow Rangers. Même depuis ma chambre, j’ai senti les secousses lors des buts. Il faut dire qu’elle (ma chambre, donc) se situe juste en dessus d’un pub ! Alors même que j’aimerais pouvoir échapper à ma condition de non-footeux, ceci m’est impossible.

Ce weekend était aussi l’occasion d’une autre sortie avec un ami. Et puis, en cours de route, on rencontre d’autres personnes, qui connaissent d’autres personnes, qui sont elles-mêmes invitées à une « flat warming » (comprenez donc par là une petite sauterie pour fêter rien du tout...). Alors nous y sommes tous allés de bon coeur et ce fut « drôlement » sympa ! Il y avait beaucoup de monde, plein de nationalités différentes et pour tous les goûts buccaux et vestimentaires.

Ce début de semaine a été calme, en comparaison. J’ai suivi mes cours et ai rencontré mes trois partenaires linguistiques, Laura, Alex et Anthony, avec lesquels je discute aussi bien en anglais qu’en français. Ainsi, tout le monde y trouve son compte. C’est une expérience tout à fait enrichissante que d’être au contact de personnes qui savent ce qu’est l’apprentissage d’une langue étrangère. Car ils sortent leur meilleur anglais et n’hésitent pas à vous reprendre sur certains termes et sur la prononciation. J’apprends de nouveaux mots, un peu d’argot et quelques coutumes locales. À mon tour, je range mon accent vaudois et ma panosse et m’exprime avec l’éloquence et la clarté d’un jeune homme de bonne famille ! « Non, pa’ce que ch’pourrais batoiller avec l’accouet du pouet rabotson que ch’ui ! »
À méditer cependant...

Avant de conclure, vous noterez que mon blog se déplume. Je n’ai pas publié une seule vraie photo depuis des jours. Il faut dire que la phase « découverte de la ville » s’estompe petit à petit et que les photos suivent irrémédiablement ce mouvement dégressif. Et je ne désire pas non plus mettre n’importe quoi sur mon blog. De plus, par respect de l’individu, je ne mets aucun de mes amis ou connaissances sur le net sans son consentement. Voilà ! En attendant, vous pouvez vous délecter ma prose mi-vaudoise, mi-écossaise. C’est comme la fondue, c’est moitié-moitié !
Mais réjouissez-vous, je pars dans les Highlands dans deux semaines ! L’occasion sera donc rêvée de vous fournir quelques photos des somptueux paysages vallonnés de l’Ecosse et de ses très nombreux lochs !

Bonne fin de semaine,
Jérôme

 

Juste pour le plaisir... Tongue out