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A Glaswegian Fall

La violence au quotidien

La violence est une affaire de société. Puisque la société a toujours existé, la violence n’est donc pas la maladie du 21ème siècle ! Alors qu’au Moyen Âge on brûlait les sorcières, aujourd’hui, on « fout le feu » à cette jeunesse oisive. Ou quand la peur engendre la peur...

Il y a trois semaines, une fille a été violée dans le Westend de Glasgow, un quartier plutôt sans heurts habituellement (en fait, là où j’habite). Puis, il a trois jours, une fille a été violentée, toujours dans le Westend. Il y a aussi ce tragique épisode en Irlande, à Galway, où cette Suissesse a été froidement tuée. Il y a la violence chez les stars, puisque petit Nicolas, battu par la grande Cécilia (178 cm sous la toison), a décidé de quitter cette dernière. Et il y a Yverdon, petite cité thermale du bout du lac et rebaptisée ironiquement « Yverdon-les-Bains-de-Sang » par Mix&Remix, qui connaît un regain de violence. Violence ? Vous n’y songez pas... Pourtant, si vous voulez en avoir le coeur net, allez donc jeter un oeil sur la dernière émission de « Mise au Point » (14.10), sur la TSR. Vous verrez que les plus dangereux ne sont pas toujours ceux qu’on croit... même si certains jeunes ont l’air effectivement un peu paumés, ils le disent eux-mêmes, « on ne veut de mal à personne du moment qu’on ne nous embête pas ». Le message est clair. Ce qu’ils désirent? Un coin où ils pourraient se rassembler. Faute de lieu, la gare se transforme en terrain de jeu idéal. Et ça, Fabien Richard, UDC convaincu mais pas convainquant, ne l’a pas compris : « on a dialogué jusqu’à maintenant et on voit où ça nous mène ». C’est qui le « on », ici ? Et c’est quoi ce « dialogue », au fait ? Car on sait que l’UDC est au dialogue ce que Jean Fattebert est à la finesse, nul ! Quant au « on », puisqu’on est en démocratie et puisque la majorité est à droite (UDC, donc), c’est une décision majoritairement de droite que de laisser pantoufler ces jeunes.
Personnellement, j’ai plus peur des discours fachos de l’UDC que des jeunes qui traînent. Parce que si l’UDC arrive un jour à imposer ses méthodes à la Suisse (genre les petits moutons...), je n’ai pas peur de dire que non seulement le problème ne se réglera pas, mais surtout, que la situation pourrait empirer. Attiser la haine raciale, qui est une pratique plus que centenaire et utilisée par la droite (relisez vos bouquins d’histoire si vous en doutez), ne résoudra pas le problème. Allez Fabien, va faire un petit jogging au bord du lac et t’aérer la matière grise...

Cependant, je me dois de vous recommander un très bon article d’Yvan, qui se propose « d’abattre Paris Hilton ». Ou quand « violence gratuite » rime avec humour. Un excellent remède face à la bêtise humaine.

Puisqu’on est dans le registre « violence gratuite et humour », j’ai relu il n’y a pas longtemps « A Modest Proposal » de Jonathan Swift (1667-1745) (« Modeste Proposition », en français). Je suggère que ce texte soit rapidement remis au calendrier des lectures scolaires obligatoires, car malgré son âge (277 ans pour être exact), le texte n’a pas pris une ride ! Swift propose donc en toute modestie que les pauvres vendent leurs enfants aux riches afin que ceux-ci puissent les manger. Évidemment, l’auteur dénonce l’hypocrisie de l’aristocratie envers les pauvres gens. Ou quand les riches s’enrichissent sur le dos des pauvres qui s’appauvrissent. Morceaux choisis... (désolé, c’est en anglais, mais si lisez donc la fin du message, qui en français !)

Ce cher Jonathan Swift

It is a melancholy object to those, who walk through this great town, or travel in the country, when they see the streets, the roads and cabbin-doors crowded with beggars of the female sex, followed by three, four, or six children, all in rags, and importuning every passenger for an alms. These mothers instead of being able to work for their honest livelihood, are forced to employ all their time in stroling to beg sustenance for their helpless infants who, as they grow up, either turn thieves for want of work, or leave their dear native country, to fight for the Pretender in Spain, or sell themselves to the Barbadoes.
[...]
As to my own part, having turned my thoughts for many years, upon this important subject, and maturely weighed the several schemes of our projectors, I have always found them grossly mistaken in their computation. [...] And it is exactly at one year old that I propose to provide for them in such a manner, as, instead of being a charge upon their parents, or the parish, or wanting food and raiment for the rest of their lives, they shall, on the contrary, contribute to the feeding, and partly to the cloathing of many thousands.
[...]
I do therefore humbly offer it to publick consideration, that of the hundred and twenty thousand children, already computed, twenty thousand may be reserved for breed, whereof only one fourth part to be males; [...] That the remaining hundred thousand may, at a year old, be offered in sale to the persons of quality and fortune, through the kingdom, always advising the mother to let them suck plentifully in the last month, so as to render them plump, and fat for a good table. A child will make two dishes at an entertainment for friends, and when the family dines alone, the fore or hind quarter will make a reasonable dish, and seasoned with a little pepper or salt, will be very good boiled on the fourth day, especially in winter.
[...]
I can think of no one objection, that will possibly be raised against this proposal, unless it should be urged, that the number of people will be thereby much lessened in the kingdom. This I freely own, and 'twas indeed one principal design in offering it to the world. [...] Therefore I repeat, let no man talk to me of these and the like expedients, 'till he hath at least some glympse of hope, that there will ever be some hearty and sincere attempt to put them into practice.
[...]
I profess, in the sincerity of my heart, that I have not the least personal interest in endeavouring to promote this necessary work, having no other motive than the publick good of my country, by advancing our trade, providing for infants, relieving the poor, and giving some pleasure to the rich. I have no children, by which I can propose to get a single penny; the youngest being nine years old, and my wife past child-bearing.


Bref, tout ceci est humour et ironie. Et c’est évidemment à prendre au deuxième degré ! Mais tout de même, quand on y pense, si l’UDC avait mangé ces sales gosses de pauvres qui traînent dans les rues, « ben ils seraient pas là à s’approprier la gare d’Yverdon, nom de botte ! »

Bref, vous l’aurez compris, à partir d’un simple « fait divers » (une fille violentée à Glasgow il y a trois jours), j’ai composé un récit qui n’a absolument rien à voir avec moi. Vous noterez la métaphore : avec un « fait divers » de ce type, l’UDC nous pond des discours racistes et prend les gens pour des cons. Vous constatez tout de même qu’avec « rien », on peut faire beaucoup de choses...

Jérôme


PS : A quelques jours des élections, je me devais de faire de l’anti-pub pour l’UDC... je crois que si je n’étais pas tombé sur l’émission de « Mise au Point », j’aurais peut-être rien écrit. Mais il fallait bien remédier aux conneries de l’UDC avec une pointe d’humour...

PS 2 : Yvan, j’ai vu après coup que tu parlais déjà de l’émission de « Mise au Point ». Au moins, je constate qu’on est tombés d’accord sur l’argumentation de Fabien Richard !

PS 3 : Je m’excuse auprès des personnes qui se sont royalement em**** en lisant ce message Smile