« Just a routine »
C’est ainsi que je vais aborder cette troisième semaine écossaise, faite de ces premières vraies routines. Qui n’a pourtant pas vu dans les libraires les dizaines et dizaines de livres aux titres tous plus évocateurs et plus prétentieux les uns que les autres tels que « sortez de votre routine », « dix astuces pour sortir de votre quotidien » ou « dynamisez votre subpotentiel », dont les préfaces sont rédigées par des stars reconnues comme Elizabeth Teissier, Barbara Polla ou encore Lolita Morena. Dans les kiosques, chaque hebdomadaire y va également de sa propre solution en associant la si banale quotidienneté des actes au supposées imperfections de l’être humain (« perdez dix kilos en trois jours », « la peau d’orange, c’est quoi ? » ou « stimulez votre libido en mangeant des bananes »). L’être routinier qui sommeille en nous tient-il cependant absolument à s’émanciper ? En tout cas, pas moi ! Comme à Cologne (d’ailleurs si ma mémoire est bonne j’avais déjà parlé de ma « routine » alors ceux qui le désirent peuvent arrêter de me lire à partir de maintenant en cliquant ici), je suis en ce moment à la recherche quasi perpétuelle d’une certaine routine. Mais pas n’importe laquelle, d’une bonne routine ! Les mauvaises langues diront : « il se bourre la gueule tous les soirs » ou « il est en vacances, c’est la glande » (comme le dirait Alain par exemple) et les bonnes : « ah ben tant mieux, l’uni l’occupe ! » En fait, je ne fais ni vraiment l’uni, ni vraiment l’autre. Bien au contraire... (il faudrait pas que j’oublie mes racines suisses et sa neutre devise).
Pour la première fois ce weekend, je suis effectivement sorti. Jeudi soir, une soirée pour les étudiants en échange (quelques bières dont une magnifique Guinness extracold et beaucoup de papote), un petit cinéma vendredi soir, une sortie pub et rugby (il y avait Ecosse-Italie ce soir-là, donc ambiance explosive !) samedi avec Marc, un avocat suisse-allemand qui fait un postgrade à Glasgow et que j’avais rencontré à la soirée de jeudi et enfin une autre sortie dimanche après-midi et soir avec une sympathique Thaïlandaise que j’avais rencontrée dans une file d’attente pour l’inscription à l’université. Que de choses !
Mais ce n’est pas tout évidemment, puisque j’ai commencé mes cours de littératures écossaises. Même s’ils ne sont pas tous intéressants, j’apprends quand même de nouvelles choses et je découvre des auteurs que je connaissais pas. Et ce n’est pas toujours la panacée, puisque certaines nouvelles sont parfois truffées d’expressions typiquement écossaises. Prenez la phrase suivante, tirée d’une nouvelle de John Galt, « The Gudewife » :
« On the fifth day I, therefore, said to him, as I was sitting in the easy chair by the fire, with a cod at my shoulders and my mother’s fur cloak about me [...]. »
Un lecteur écossais comprend : « le cinquième jour, alors que j’étais assis à côté du feu avec un coussin sur mes épaules et le manteau de fourrure de ma mère sur moi, je lui ai donc dit [...]. »
Par contre, un lecteur anglais non averti (genre moi) lira : « le cinquième jour, alors que j’étais assis à côté du feu avec une morue sur mes épaules et le manteau de fourrure de ma mère sur moi, je lui ai donc dit [...]. »
Enfin, vous comprenez le niveau de difficulté. À moins que le texte ne soit écrit par les Monty Python, la deuxième version (donc « la morue » !) doit faire tilt ! Inutile également de préciser que le dictionnaire Robert & Collins ne possède pas la deuxième définition du mot « cod »...
Enfin, puisqu’il a fait beau ce weekend passé et en ce début de semaine, j’en ai aussi profité pour faire de longues et intéressantes promenades dans les rues de Glasgow. Au détour d’une grande artère se cache parfois des choses dont on ignore l’existence. Et c’est aussi parfois en bordure d’un parc pourtant éloigné du centre ville que s’offrent aux promeneurs quelques raretés architecturales. Voyez plutôt par vous-mêmes...

Kelvingrove Art Gallery and Museum

Kelvingrove, vue de l'arriève

Saint Andrew's in the Square

Argyle Arcade
Voilà!
Une fois n’est pas coutume, c’est ainsi que je termine ce troisième message.
Bonne fin de semaine,
Jérôme
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03 Octobre 2007 à 20:00 dans
- Général
