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A Glaswegian Fall

L’automne est arrivé !

On associe généralement l’automne aux sublimes couleurs des feuilles qui ornent les arbres et qui le moment venu, choient une à une et recouvrent jardins, forêts et bords de route d’un tapis multicolore. À Glasgow, les choses sont cependant un peu différentes...

Les températures agréables et le soleil matinal ont bel et bien disparu. L’humidité a chassé ce qui restait de petites chemises et le froid prend peu à peu ses quartiers. Les petites bruines diurnes vous fouettent désormais le visage et vous imprègnent de cette ambiance mystique et typique d’Ecosse, ou du moins de la représentation mentale que nous avons de cette mysticité. Le soleil se couche désormais plus tôt (la faute à l’homme, surtout) et l’obscurité toujours grandissante plane donc au-dessus de nos têtes et engloutit ce paysage automnal à la moindre occasion. La fraîcheur contraste avec la chaleur de l’habitant. Les manteaux sont de retour et les parapluies de sortie. Et c’est comme chez l’humain, il y en a pour tous les goûts : petits, gros, beaux et laids.
L’image « parisienne » du monsieur en manteau gris à col retroussé qui fouette les tas de feuilles mortes qui voltigent dans l’air n’existe pas à Glasgow. Car « l’insoutenable légèreté » des feuilles mortes est étouffée par le poids de l’humidité. L’imaginaire collectif a donc aussi ses limites...





L’automne est là ! Et c’est par ce temps fort écossais mais tout à fait agréable que je reçois la deuxième visite de mon séjour, Raphaël, avec qui je vais passer deux jours dans les Highlands. Ce qui signifie que mon blog sera délaissé l’espace de quelques jours. N’en déplaisent à celles et ceux qui auraient manqués quelques uns de mes messages, puisqu’ils et elles auront l’occasion de rattraper leur retard !

À très bientôt,
Jérôme

 

 

 

 

 


Laundry

La société capitaliste dans laquelle nous évoluons tend à réduire la distinction entre nécessité et luxe. Qu’on ne puisse pas se passer de nourriture et de chocolat, c’est un fait. Mais de manière relativement aisée, on peut se passer d’un tas d’autres choses à la seule condition de trouver un expédient.

J’ai toujours pensé que les inventions ménagères étaient de vraies révolutions culturelles. Aspirateur, lave-vaisselle, fourneau à gaz et autres créations ont envahi nos cuisines et bouleversé nos habitudes. Et cette ivresse inventive ne faiblit pas, puisque le fourneau à gaz a laissé sa place à l’induction, le fouet (pas celui de Mireille évidemment...) au mixer multi-usage et la bonne vielle cafetière italienne à la machine Nespresso ! Il ne tient ensuite qu’à vous de savoir si ces appareils ont réellement apporté un confort inestimable ou s’ils tendent plutôt à vous pourrir l’existence.
Le fait est que je dois aujourd’hui me passer d’un outil qui est ma foi fort avantageux, néanmoins tout à fait superflus : le séchoir. En lieu et place dudit appareil, nous avons un misérable étendard, si petit que l’on peut à peine y disposer trois chaussettes et si mal conçu que les quelques habits qui pourraient être étendus se chevauchent, ceci quelle que soit la manière dont vous essayer de les arranger. De plus, l’étendard trône dans le hall d’entrée, place incongrue si l’on tient compte qu’il reçoit tout ce qui traîne de plus mal sein dans une colocation comme celle-ci, soient les effluves de clopes froides, les odeurs de bacon frit et oeufs brouillés du matin et surtout, les odeurs parfois nauséabondes des toilettes (tous les chemins mènent au corridor !)
Pas de séchoir, pas d’étendard, il fallait donc trouver l’expédient idéal. Désormais et pour le plus grand bonheur de mes habits et de celui qui les porte, je pends mes jeans, pantalons, chaussettes et strings léopards dans ma penderie ! Puisque que je ne l’utilise que pour pendre trois habits, soit ma veste d’hiver, ma pèlerine et mon unique chemise (rappelez-vous que je suis arrivé par avion, ce qui signifie limite de poids), j’ai donc réaffecté ma sublime penderie à une fonction inédite. On appelle ça l’art du détournement.

 

Dans le genre détournement, les films nous ont appris par exemple qu’un couteau de cuisine pouvait servir à tuer votre conjoint, une table de salon à y poser les pieds ou une cuisine à beurrer le moule et faire cuire le poireau...
Vous l’aurez compris, dans ce genre de situation, l’importance ne réside en fait pas dans l’invention elle-même. Ceci m’amène donc au deuxième détournement. Puisque la penderie est une pièce minuscule et par conséquent peu aérée, je ne peux pas y laisser mon linge moisir à l’intérieur. Afin également d’accélérer le processus (très utile quand il s’agit de laver et de sécher mon unique drap en l’espace de douze heures), j’enclenche mon petit chauffage à air pulsé et l’enferme dans la penderie avec mes habits ! Et ça marche ! En moins de dix heures, toutes mes affaires sont sèches, archis sèches.
Que cela ne vous donne toutefois pas d’autres idées de détournement (faire sécher votre chien de cette manière par exemple), car je ne voudrais pas être à la source d’un odieux procès !

Bonne semaine,

Jérôme


Culture pub

Être catapulté dans un pays étranger nous « contraint » parfois à des activités que nous n’aurions jamais imaginé faire chez soi. Notamment, les sorties rugby dans les pubs (d’où le titre évocateur) ou le fait de se retrouver à une fête dans l’appartement d’une personne inconnue à minuit...

La soirée de jeudi est dévouée à ma sortie désormais habituelle au « Primary », le pub qui accueille une fois par semaine la grande réunion des étudiants en échange. J’ai toujours trouvé assez singulier le fait de nommer des endroits avec des noms provocateurs. Ça donne lieu à toutes sortes d’interprétations, des plus folles ou plus sobres...
Étrangement, « Primary » a deux traductions antithétiques, puisqu’il peut signifier aussi bien « premier » que « primaire ». Vous me direz, la racine est identique. Vrai, mais quand on parle du « premier de classe » ou « d’instinct primaire », les choses sont bien différentes, même si les deux expressions ne sont pas forcément complimenteuses.
Par exemple, le premier de classe est le boutonneux aux grosses lunettes et dont les pantalons sont trop courts. Au contraire de ses autres petits camarades, le premier de classe ramène toujours un agenda vierge de ratures et dont la perfection ferait pâlir miss Monde en personne. À l’inverse et pour mesurer l’instinct primaire, rien de tel que de s’installer dans un pub anglais lors d’un match de rugby, en l’occurrence, une finale de coupe du monde. Ce sport, pour autant qu’on puisse encore l’appeler ainsi, est à l’image du public qu’il draine. Si les muscles des joueurs se situent aux endroits propices, il n’en est pas forcément de même pour les spectateurs. Sous le maillot du supporter, on devine les courbes de la brioche nourrie aux frites et aux pintes de bière. Les gueules d’acier des sportifs contrastent avec les gueules de bois du lendemain et la finesse du rugby dénote de la virtuosité verbale des supporters. La culture des pubs, c’est ça ! Et comme l’Angleterre a perdu, les sifflets ont redoublé. J’ai lu que Jonny Wilkinson, suite à la défaite, s’était pris une bonne biture... Quand je vous dis que le rugby n’est autre que la farce télévisée de l’être humain, je n’ai pas tout tort ! Ces propos seront évidemment corroborés par les tonnes d’émissions poubelles que nous voyons sur nos petits écrans et dont les héros ne sont que de simples quidams. Ceci dit, j’ai beaucoup apprécié cette sortie. Car vivre au Royaume-Uni, c’est vivre les pubs et cette fièvre du sport !

Jonny Wilkinson en mauvaise posture...

Mais ce n’est pas tout (hé, on allait pas s’arrêter en si bon chemin) ! Samedi à midi, c’était aussi le derby entre les deux équipes de foot locales, le Celtic Glasgow et les Glasgow Rangers. Même depuis ma chambre, j’ai senti les secousses lors des buts. Il faut dire qu’elle (ma chambre, donc) se situe juste en dessus d’un pub ! Alors même que j’aimerais pouvoir échapper à ma condition de non-footeux, ceci m’est impossible.

Ce weekend était aussi l’occasion d’une autre sortie avec un ami. Et puis, en cours de route, on rencontre d’autres personnes, qui connaissent d’autres personnes, qui sont elles-mêmes invitées à une « flat warming » (comprenez donc par là une petite sauterie pour fêter rien du tout...). Alors nous y sommes tous allés de bon coeur et ce fut « drôlement » sympa ! Il y avait beaucoup de monde, plein de nationalités différentes et pour tous les goûts buccaux et vestimentaires.

Ce début de semaine a été calme, en comparaison. J’ai suivi mes cours et ai rencontré mes trois partenaires linguistiques, Laura, Alex et Anthony, avec lesquels je discute aussi bien en anglais qu’en français. Ainsi, tout le monde y trouve son compte. C’est une expérience tout à fait enrichissante que d’être au contact de personnes qui savent ce qu’est l’apprentissage d’une langue étrangère. Car ils sortent leur meilleur anglais et n’hésitent pas à vous reprendre sur certains termes et sur la prononciation. J’apprends de nouveaux mots, un peu d’argot et quelques coutumes locales. À mon tour, je range mon accent vaudois et ma panosse et m’exprime avec l’éloquence et la clarté d’un jeune homme de bonne famille ! « Non, pa’ce que ch’pourrais batoiller avec l’accouet du pouet rabotson que ch’ui ! »
À méditer cependant...

Avant de conclure, vous noterez que mon blog se déplume. Je n’ai pas publié une seule vraie photo depuis des jours. Il faut dire que la phase « découverte de la ville » s’estompe petit à petit et que les photos suivent irrémédiablement ce mouvement dégressif. Et je ne désire pas non plus mettre n’importe quoi sur mon blog. De plus, par respect de l’individu, je ne mets aucun de mes amis ou connaissances sur le net sans son consentement. Voilà ! En attendant, vous pouvez vous délecter ma prose mi-vaudoise, mi-écossaise. C’est comme la fondue, c’est moitié-moitié !
Mais réjouissez-vous, je pars dans les Highlands dans deux semaines ! L’occasion sera donc rêvée de vous fournir quelques photos des somptueux paysages vallonnés de l’Ecosse et de ses très nombreux lochs !

Bonne fin de semaine,
Jérôme

 

Juste pour le plaisir... Tongue out

 


Bilan et statistiques

Il y a un mois, je quittais la Suisse. Eh oui, « ça file » ! Je me disais justement qu’il était temps de faire un petit bilan des acquis et des choses en devenir. Avec, en exclusivité, quelques statistiques commentées par mes soins...

Qu’on se garde de me reprocher hâtivement de faire de la propagande anti-UDC ou de me lancer dans des calculs économiques complexes ! Le message précédent n’est pas propagandiste et ne tient pas non plus d’un prosélytisme latent. Tout comme ce message ne traite pas de savants calculs économiques. Quand je parle de « bilan », je pense à un état des lieux et lorsque j’évoque le mot « statistiques », il ne s’agit en aucun cas de prévision ou de pronostics mathématico-logarithmiques, mais plutôt de poser un regard amusé sur la fréquence des visites de mon blog et sur l’origine desdits visiteurs.
Pour ce qui est du bilan, je commencerai par les aspects qui peuvent encore être améliorés, à savoir mon taux d’occupation moyen journalier. En effet, à l’exception de mes cours, mes journées sont pour le moins assez « vides ». Un vide que je comble en travaillant sur mes cours et en lectures. Mais je ne peux décemment pas remplir une journée entière et encore moins une semaine entière rien qu’avec ça. Donc, je regarde un peu la télévision (chose assez inhabituelle chez moi), je surfe sur le net, je fais un peu de natation, je poste des messages sur mon blog et je me morfonds en faisant du lèche-vitrine, en décorant ma chambre et en m’achetant de la nourriture pour la cuisiner. Je me mettrais volontiers à la confection de biscuits de Noël, mais Halloween n’a même pas passé ! Je ferais aussi volontiers du tennis, mais il n’y a pas de court intérieur à l’université et je ferais avec plaisir quelques gammes sur un piano, mais je n’en ai pas trouvé. Des projets mort-nés, en voici donc !
En ce qui concerne les aspects positifs, il y en a plusieurs. Tout d’abord les sorties, puisque je vois régulièrement deux ou trois personnes et m’organise environ trois soirées par semaine avec eux. Il y a aussi la ville, que j’ai déjà beaucoup parcourue et qui offre un certain nombre d’activités tout à fait alléchantes (cinéma alternatif, concerts, pub, soirées, etc.) et il y a mon appartement, qui me plaît, et surtout ma petite chambre cosy ! J’ai commencé mes cours de natation le vendredi après-midi, il y a évidemment le café « Enjoy » à deux pas, le « Captain’s Rest » (un pub) à trois, mon magasin d’alcool préféré en face de chez moi, et le petit magasin d’alimentation à côté de chez moi, ouvert 24h sur 24 et 7 jours sur 7.
Pour ce qui est des statistiques, je dois d’abord vous expliquer de quoi il s’agit. Avec Google Analytics, vous pouvez faire « surveiller » votre blog ou votre site Internet. Tous les mouvements sont donc enregistrés et rendus sous la forme de statistiques diverses : nombre de visiteurs et de visites par jour, origines géographiques des visiteurs, temps moyen passé sur mon blog, pages visitées, sources (c’est-à-dire comment les internautes atterrissent sur mon blog, soit par trafic direct, soit parce que mon site a été référencé par quelqu’un d’autre ou par moteur de recherche). Le « must », je peux même voir le nombre de visiteurs qui possèdent l’ADSL et ceux qui possèdent une ligne « dialup », quel est leur système d’exploitation (Mac OS ou Windows) et combien utilise Internet Explorer, Firefox, Safari et ainsi de suite ! Bientôt, je pourrai voir combien de personnes boivent le café en surfant sur mon blog, qui englouti sa tartine du matin et dont la confiture dégouline sur le clavier et ceux qui profèrent des jurons et autres blasphèmes en lisant ce que j’ai écrit. La technologie, c’est fantastique, n’est-ce pas !

Voici quelques chiffres :

Tout d’abord, le nombre de visites totales depuis la création du blog se monte à 260, soit une moyenne de 8 visites par jour. À ces 260, soustrayez 9 visites. Car après chaque nouveau message, je visite mon propre blog, non par intérêt narcissique, mais par soucis de mise en page et pour corriger les fautes d'orthographe que j'aurais commises. Notez donc que si je voulais 1'000 visites par jour sur mon blog, il me suffirait d’y mettre les pieds par moi-même 1'000 fois ! C’est comme les commentaires que vous postez, j’ai la possibilité de le recorriger à volonter. Je pourrais tout aussi bien m’imaginer plein de lecteurs virtuels tout conquis qu’ils seraient par mon phrasé. Un peu à l’image d’Alain Delon....
Au niveau de la répartition des visites, ça donne ça (un copier/coller de Google Analytics) :

Vous notez certainement la fluctuation incessante des visites. Tout d'abord, le 24 septembre, quand j'ai envoyé l'email à tout mon répertoire. C'est amusant! Puis, il y a eu quelques vrais bas (6 et 13 octobre) et des bons hauts (10 octobre). Je ne sais pas si cela dépend de la qualité des articles, du sujet ou des photos, mais il y a des jours où on dirait que les gens se sont passés le mot pour venir sur le blog. Et si cette courbe correspondait à mon humeur...? Car elle fluctue de manière tout à fait similaire!

Pour les visites, il y a 53% de trafic direct (soit des gens qui connaissent l’adresse de mon blog), 44% sont des sites qui font référence à mon blog, et 3% des visiteurs ont trouvé mon site grâce à un moteur de recherche. Je sais par exemple que quelqu’un à taper « pense de brebis farcie jacques baudoin » pour trouver mon site... Que cette personne se dénonce sur-le-champ! Comme quoi, les bon vieux clichés ont la cote.

Je finirai par l’origine géographique des visiteurs. Il y a 214 visites de Suisse, 27 du Royaume-Uni (9 de Glasgow, soit moi, 12 de Kirkintillock, 5 d’Edimbourg et 1 de Reading), 8 de France, 5 d’Allemagne, 4 d’Autriche, 2 de Belgique.

Ce n’est pas le tout d’analyser une statistique, il faut encore l’interpréter. Alors, pourquoi est-ce que je vous sors des séries de chiffres dont en fait vous n’avez que faire ? Et bien, c’est par pur soucis narcissisme ! Le blog, par définition, met son auteur au centre de l’attention. Alors évidemment, on attend que les gens s’y ramènent et postent leur message. Et j’assume parfaitement et avec bonheur cette partie narcissique de ma personnalité ! Ce qui n’est pas le cas de tout le monde (hop, encore un point pour moi !).

Voilà, voilà !

Bon début de semaine,
Jérôme


La violence au quotidien

La violence est une affaire de société. Puisque la société a toujours existé, la violence n’est donc pas la maladie du 21ème siècle ! Alors qu’au Moyen Âge on brûlait les sorcières, aujourd’hui, on « fout le feu » à cette jeunesse oisive. Ou quand la peur engendre la peur...

Il y a trois semaines, une fille a été violée dans le Westend de Glasgow, un quartier plutôt sans heurts habituellement (en fait, là où j’habite). Puis, il a trois jours, une fille a été violentée, toujours dans le Westend. Il y a aussi ce tragique épisode en Irlande, à Galway, où cette Suissesse a été froidement tuée. Il y a la violence chez les stars, puisque petit Nicolas, battu par la grande Cécilia (178 cm sous la toison), a décidé de quitter cette dernière. Et il y a Yverdon, petite cité thermale du bout du lac et rebaptisée ironiquement « Yverdon-les-Bains-de-Sang » par Mix&Remix, qui connaît un regain de violence. Violence ? Vous n’y songez pas... Pourtant, si vous voulez en avoir le coeur net, allez donc jeter un oeil sur la dernière émission de « Mise au Point » (14.10), sur la TSR. Vous verrez que les plus dangereux ne sont pas toujours ceux qu’on croit... même si certains jeunes ont l’air effectivement un peu paumés, ils le disent eux-mêmes, « on ne veut de mal à personne du moment qu’on ne nous embête pas ». Le message est clair. Ce qu’ils désirent? Un coin où ils pourraient se rassembler. Faute de lieu, la gare se transforme en terrain de jeu idéal. Et ça, Fabien Richard, UDC convaincu mais pas convainquant, ne l’a pas compris : « on a dialogué jusqu’à maintenant et on voit où ça nous mène ». C’est qui le « on », ici ? Et c’est quoi ce « dialogue », au fait ? Car on sait que l’UDC est au dialogue ce que Jean Fattebert est à la finesse, nul ! Quant au « on », puisqu’on est en démocratie et puisque la majorité est à droite (UDC, donc), c’est une décision majoritairement de droite que de laisser pantoufler ces jeunes.
Personnellement, j’ai plus peur des discours fachos de l’UDC que des jeunes qui traînent. Parce que si l’UDC arrive un jour à imposer ses méthodes à la Suisse (genre les petits moutons...), je n’ai pas peur de dire que non seulement le problème ne se réglera pas, mais surtout, que la situation pourrait empirer. Attiser la haine raciale, qui est une pratique plus que centenaire et utilisée par la droite (relisez vos bouquins d’histoire si vous en doutez), ne résoudra pas le problème. Allez Fabien, va faire un petit jogging au bord du lac et t’aérer la matière grise...

Cependant, je me dois de vous recommander un très bon article d’Yvan, qui se propose « d’abattre Paris Hilton ». Ou quand « violence gratuite » rime avec humour. Un excellent remède face à la bêtise humaine.

Puisqu’on est dans le registre « violence gratuite et humour », j’ai relu il n’y a pas longtemps « A Modest Proposal » de Jonathan Swift (1667-1745) (« Modeste Proposition », en français). Je suggère que ce texte soit rapidement remis au calendrier des lectures scolaires obligatoires, car malgré son âge (277 ans pour être exact), le texte n’a pas pris une ride ! Swift propose donc en toute modestie que les pauvres vendent leurs enfants aux riches afin que ceux-ci puissent les manger. Évidemment, l’auteur dénonce l’hypocrisie de l’aristocratie envers les pauvres gens. Ou quand les riches s’enrichissent sur le dos des pauvres qui s’appauvrissent. Morceaux choisis... (désolé, c’est en anglais, mais si lisez donc la fin du message, qui en français !)

Ce cher Jonathan Swift

It is a melancholy object to those, who walk through this great town, or travel in the country, when they see the streets, the roads and cabbin-doors crowded with beggars of the female sex, followed by three, four, or six children, all in rags, and importuning every passenger for an alms. These mothers instead of being able to work for their honest livelihood, are forced to employ all their time in stroling to beg sustenance for their helpless infants who, as they grow up, either turn thieves for want of work, or leave their dear native country, to fight for the Pretender in Spain, or sell themselves to the Barbadoes.
[...]
As to my own part, having turned my thoughts for many years, upon this important subject, and maturely weighed the several schemes of our projectors, I have always found them grossly mistaken in their computation. [...] And it is exactly at one year old that I propose to provide for them in such a manner, as, instead of being a charge upon their parents, or the parish, or wanting food and raiment for the rest of their lives, they shall, on the contrary, contribute to the feeding, and partly to the cloathing of many thousands.
[...]
I do therefore humbly offer it to publick consideration, that of the hundred and twenty thousand children, already computed, twenty thousand may be reserved for breed, whereof only one fourth part to be males; [...] That the remaining hundred thousand may, at a year old, be offered in sale to the persons of quality and fortune, through the kingdom, always advising the mother to let them suck plentifully in the last month, so as to render them plump, and fat for a good table. A child will make two dishes at an entertainment for friends, and when the family dines alone, the fore or hind quarter will make a reasonable dish, and seasoned with a little pepper or salt, will be very good boiled on the fourth day, especially in winter.
[...]
I can think of no one objection, that will possibly be raised against this proposal, unless it should be urged, that the number of people will be thereby much lessened in the kingdom. This I freely own, and 'twas indeed one principal design in offering it to the world. [...] Therefore I repeat, let no man talk to me of these and the like expedients, 'till he hath at least some glympse of hope, that there will ever be some hearty and sincere attempt to put them into practice.
[...]
I profess, in the sincerity of my heart, that I have not the least personal interest in endeavouring to promote this necessary work, having no other motive than the publick good of my country, by advancing our trade, providing for infants, relieving the poor, and giving some pleasure to the rich. I have no children, by which I can propose to get a single penny; the youngest being nine years old, and my wife past child-bearing.


Bref, tout ceci est humour et ironie. Et c’est évidemment à prendre au deuxième degré ! Mais tout de même, quand on y pense, si l’UDC avait mangé ces sales gosses de pauvres qui traînent dans les rues, « ben ils seraient pas là à s’approprier la gare d’Yverdon, nom de botte ! »

Bref, vous l’aurez compris, à partir d’un simple « fait divers » (une fille violentée à Glasgow il y a trois jours), j’ai composé un récit qui n’a absolument rien à voir avec moi. Vous noterez la métaphore : avec un « fait divers » de ce type, l’UDC nous pond des discours racistes et prend les gens pour des cons. Vous constatez tout de même qu’avec « rien », on peut faire beaucoup de choses...

Jérôme


PS : A quelques jours des élections, je me devais de faire de l’anti-pub pour l’UDC... je crois que si je n’étais pas tombé sur l’émission de « Mise au Point », j’aurais peut-être rien écrit. Mais il fallait bien remédier aux conneries de l’UDC avec une pointe d’humour...

PS 2 : Yvan, j’ai vu après coup que tu parlais déjà de l’émission de « Mise au Point ». Au moins, je constate qu’on est tombés d’accord sur l’argumentation de Fabien Richard !

PS 3 : Je m’excuse auprès des personnes qui se sont royalement em**** en lisant ce message Smile


Encore un jour normal !

Pour celles et ceux qui ont la désagréable impression que je me répète, je dois malheureusement confirmer cette fâcheuse tendance ! Ma vie est faite de petits « riens » alors il faut bien que je vous les conte...

Ce début de semaine a été radieux. Lundi fut une très belle journée, malgré quelques passages nuageux et un petit vent frais. Notez que je ne parle que (trop) rarement du temps. Or au Royaume-Uni, tout le monde parle du temps. Je me suis déjà posé la question, « pourquoi parlent-ils du temps ? ». Car ce n'est pas qu'un gag ! On a beau se moquer d'eux, mais les émissions de la BBC regorgent de programmes sur le temps, nous ex-écoliers avons également dû passer par « what's the weather like », les fameuses phrases idiomatiques que nous apprenions en cours d'anglais, il y a le fameux « London's weather » et l'image du British en complet-cravate qui court avec son parapluie de poche sous une pluie battante. Tout ceci n'est pas qu'illusoire. Bref, j'en ai profité pour faire un petit tour dans le jardin botanique et visiter les deux magnifiques serres (en anglais, on dit « greenhouses », c'est joli, non ?! Ca veut dire les « maisons vertes » !) J'ai croisé quelques vifs écureuils qui faisaient le gros dos devant une femelle ou qui chassaient la noix, des touristes japonais qui se faisaient prendre en photo devant, à côté et dans la serre, des mamans avec leur landau et bébé qui pleurnichait, et enfin, des sales gosses qui jouaient au foot sur l'une des pelouses immaculées du jardin ! (Comprenez que quand je dis « immaculées », je sous-entends une pelouse d'un vert intense et d'une perfection telle que vous ne l'obtiendrez jamais dans votre jardin, même en rêve. Secret de polichinelle...)

 

Puis, le temps s'est quelque peu gâté. Alors je me suis réfugié dans mon café habituel, le « Enjoy » où j'ai « apprécié » (puisque c'est la traduction) un café et un muffin au double chocolat ! Dieu que c'est bon (pardon pour les intégristes) ! Et c'est du vrai café, pas une espèce de soupe trouble et insipide. En plus, le café « Enjoy » a un réseau Internet sans fil gratuit. Penses-tu, j'en profite pour surfer et écrire mes conneries sur mon blog (comme c'est le cas en ce moment).

 

Hier soir, je suis aussi allé au cinéma. Je ne voulais pas voir une des nombreuses verrues américaines alors je me suis dit que j'allais aller dans un cinéma qui projette des « vrais » films... manque de chance, ils passaient un film français avec Depardieu ce soir-là. Bon, c'était quand même plus sympa que de voir Bruce Willis flinguer la moitié de la terre ou Tom Cruise en train de sauter d'un immeuble de cinquante étages tout en se battant avec un perfide asiatique ! Pour votre humble information, je me suis acheté une deuxième bouteille de vin rouge cette semaine (la première est finie), que je descends en solitaire en faisant la cuisine. Je suis certain qu'au moins une de mes amies me comprendra comme je suis aussi certain que d'autres diront « la solitude le fait boire encore d'avantage ». Je ne cache désormais plus mes penchants chroniques pour l'eau-de-vie depuis que mes parents et ma grand-maman m'ont rendu visite à Cologne. Tout comme mes prédécesseur(e)s et mon petit frère, je me dois de faire honneur à la longue dynastie des Gouleyants et des Bourbons dont j'ai hérité le patrimoine culturel, intellectuel et ... alcoolique !

Santé !

Jérôme


Une journée sans fin

Il était une fois un étudiant modèle prénommé Jérôme. Son amour des voyages et des découvertes l’incita à s’engager dans une nouvelle aventure. Un jour pluvieux de septembre, il prit donc ses cliques et ses claques et s’envola pour la lointaine contrée des rois déchus, l’Ecosse. Récit d’un jour normal...

Tout débute au petit matin, il est alors huit heures tapantes. Confortablement lové dans son lit douillet et qui sent bon la lessive en poudre, qu’il avait soigneusement sélectionnée trois jours auparavant dans un des immenses rayons du magasin qui jouxte son appartement, Jérôme se décide à s’extraire de son nid, tel l’oisillon désireux de faire ses premiers essais de vol. La tête encore dans les étoiles, il se dirige d’un pas traînant mais d’un regard décidé vers les cabinets. Il est des besoins naturels auxquels aucun être sur cette terre ne peut se soustraire. Après s’être méticuleusement lavé les mains, des petits picotements lui rappellent qu’un autre besoin fondamental se doit d’être comblé au petit matin. La cuisine s’offre donc à lui et Jérôme y retrouve les premiers repères qui l’aident chaque matin à bien débuter la longue journée ; le toaster est en place, la confiture à la fraise sur la table, le beurre de cacahuètes aussi et l’eau bout. Déjà, les premières odeurs du « black tee » lui monte à la tête, lui ouvrant d’avantage encore l’appétit qui dévore son estomac. Trois tartines, un yogourt, un fruit et un thé plus tard, Jérôme est sous la douche et savonne l’entier de son corps, sans oublier les petits détails que sont les doigts de pied et les oreilles. Car s’il y a quelque chose qui l’insupporte, c’est de se sentir sale. Les rares fois où il dû se passer de la douche matinale, Jérôme eut la très désagréable impression que le monde entier le regardait et le reniflait.
Jérôme sort enfin de chez lui, affublé de son unique paire de chaussures noires, fabriquées en Chine par des petits enfants exploités, et de sa veste beige. Sur le chemin de l’université, il rencontre quelques badauds, qui, comme lui, accourent de parts et d’autres afin de rejoindre leur travail. Les voitures sont alignées en file, les klaxons se font entendre et l’air matinal sent le gaz d’échappement. Puisqu’il n’existe aucune boulangerie à Glasgow, inutile d’y chercher la moindre odeur de pain frais ou de croissant au beurre.
Après une bonne dizaine de minutes d’une marche active, Jérôme atteint enfin le haut lieu de l’intelligentsia écossaise. Précipité dans un des grands auditoires du « main building », il se trouve rapidement une place idéale à mi-chemin entre l’esplanade et la fenêtre. Le cours débute. La littérature écossaise, telle la boîte de Pandore, renferme d’innombrables secrets. À la différence que ceux-ci sont dévoilés aux scribes d’un instant. On leur parle de l’immensité de cette littérature, de son importance et du caractère inventif qu’elle emprunte à la fable. La littérature écossaise, à l’image du monstre du Loch Ness, est faite de légendes, de récits oraux, de fiction en somme. Ceci travaille Jérôme, tout passionné qu’il est par ces récits fabuleux et imaginaires. Son penchant narcissique lui entrouvre soudainement la possibilité d’une fiction dont il serait le héro. Mais tout héro n’est rien sans contexte, sans l’histoire qui mène l’homme simple qu’il est à ce personnage tant valorisé. Il s’imagine en Lancelot, l’un des valeureux chevaliers du Roi Arthur, ou en Harry Potter, le sorcier imaginaire. Mais que seraient-il sans les monstres de l’un et le Voldemort de l’autre. Jérôme n’aime pas les monstres et ne se voit pas non plus affronter un adversaire à la pointe de sa baguette, mais bien plutôt à la pointe de sa plume. Ne dit-on pas que « la plume est plus forte que l’épée » ? Impatient de coucher sur une feuille de papier blanc une première ébauche de son rêve égotiste, il s’installe dans son petit café habituel, situé à trois pas de son appartement. Ce petit café est rempli d’une chaleur dont il s’inspire pour écrire son premier récit. Les canapés noirs et rouges et les grandes fenêtres, qui laissent entrer une intense lumière, font de cet endroit un salon idéal pour les idées, qui se forment et se défont, qui s’imbriquent et qui se contredisent. La trame reste cependant d’une banalité toute banale, car Jérôme aime à s’exercer plutôt qu’à s’impatienter. Sans prétention mais avec la ferme croyance qu’il va peut-être être le héro de sa propre existence, il se met donc à l’écriture du récit de sa journée ma foi fort ordinaire, afin, peut-être, d’essayer de lui donner un sens dont il ignore lui-même la nature : « Il était une fois un étudiant modèle... »

Jérôme


Joëlle en visite

Ce début de semaine a été marqué par un temps résolument couvert et pluvieux. Mais cela n’a pas refroidi Joëlle, mon amie de longue date, qui est venue braver ce temps écossais fort peu accueillant.

Je connais Joëlle depuis notre première année au gymnase. Nous étions alors tous deux dans feu la fameuse classe 1M6. Je précise « fameuse » puisque nous la fréquentions avec tant d’assiduité qu’il nous en reste encore aujourd’hui d’indélébiles stigmates. Preuve en est, nous en avons encore parlé pendant ces deux jours. Joëlle, comme moi, comptions par exemple parmi les souffre-douleur de notre prof de chimie. Entre l’échec de nos perles de borax et nos misérables prestations orales, Joëlle avait quand même réussi à sortir un « 6 » (la meilleure note, donc), battant à l’occasion l’expert chimiste de notre classe. Joëlle, c’était aussi la mauvaise conscience de madame Schumacher (prononcez « chou mâché »), maîtresse Mireille venue tout droit du pays des maths, pays qui était à nous ce que l’intelligence est à Jean-Claude Van Damme, inexistant. Qui sait, cette inconnue (on en est plus à une près) a peut-être contribué à la naissance de notre amitié ! Car entre voisins de table, on s’aide et on reste solidaires (enfin presque, puisque ma note d’examen oral de maths, dont je tairai le chiffre, reste un magnifique outil de moquerie pour Joëlle. Notez qu’elle n’avait guère fait mieux que moi ce jour-là...)
Notre amitié remonte aussi aux sorties. Cabane des scouts et Tequila boom boom, bal EINEV et bières, le voyage d’étude à Tallinn (36 heures de bus aller et 36 heures de bus retour, ça resserre les liens !), dont certains épisodes sont restés gravés dans toutes les mémoires collectives. Et surtout, les soirées S.P.E.R.M.E. (prononcez à l’anglaise, « spermiiii »), soit l’abréviation pour « Société Protectrice des Enfants Rachitiques et Mal Entendants ».
Bref, tout cela pour dire que notre amitié ne date pas d’aujourd’hui. À Glasgow (puisque c’est là l’objet de mon « blog »), nous avons beaucoup marché et je lui ai fait découvrir quelques parties intéressantes de la ville. Le jour de son arrivée, nous nous sommes tout d’abord sustentés dans un restaurant local : le MacDonald. Car pour ceux qui l’ignorent, tous les noms de famille en « Mac » (MacDouglas, MacLachllan, MacLeod, MacBeth [!]) sont d’origine écossaise ! Nous avons ensuite pris un petit café et sommes rentrés à mon appartement afin d’y déposer le lourd fardeau de Joëlle (je lui avais gentiment demandé de prendre quelques livres, un DVD, mon essay en anglais, mes lunettes de plongée et mon « moule-bite » pour la natation). Puis nous sommes allés prendre le repas du soir dans un pub et avons terminé dans un « bar à thés » (je dis ça car elle m’a avoué faire partie des « AA »... donc j’adapte mon récit. Comme dirait Mireille Schumacher, « on ne dit pas je vais aux toilettes mais je vais me repoudrer le nez !)
Le lendemain, nous avons tout d’abord débuté avec la visite de Poudlard (ouais, l’uni quoi !) après que Joëlle n’a pas réussi à finir son muffin au triple chocolat. Trois thés plus tard, nous étions au centre ville, avons fait quelques boutiques et sommes finalement allés visiter la cathédrale de Glasgow. Nous avons fait un détour par la nécropole, ce qui a causé à Joëlle les pires ennuis pour le restant du séjour (inexplicablement, elle a « chopé » un hoquet récalcitrant, jusqu’à ce que je la menace de la pousser dans une « gouille » bien boueuse). Le soir, nous avons soupé « light » au Friday’s, restaurant d’origine américaine (il fallait bien varier, après le MacDonald) et sommes allés boire un « thé dansant » (pour ceux qui n’ont toujours pas compris, relisez le passage depuis « avons terminés dans un « bar à thés... ». Et si vous avez toujours pas saisi, écrivez-moi).
Comme toujours, le jour de son départ, il a fait... grand beau et chaud ! Joëlle, j’ai eu énormément de plaisir à te recevoir dans mon « home sweet home » ! Merci d’être venue ! Bonnes fin de vacances et bon retour aux affaires avec tes gosses.
Voilà, ainsi s’achève, en photos s’il vous plaît, ce premier message de la semaine !


Cheers,
Jérôme

 

 

Joëlle Joëlle en train de boire son café du matin (avec le muffin!)

 

La cathédrale La cathédrale de Glasgow

 

La cathédrale de l'intérieur

 

Necropolis La nécropole

 

Une tombe Toujours la nécropole... Une tombe!

 

Vue de Glasgow Une vue de Glasgow depuis la nécropole

 

Glasgow Une autre vue de Glasgow depuis la nécropole

 

 


La magie des sens

La vie est une « expérience sensible », certes. Les différents sons, odeurs, goûts, visions et touchers sont enregistrés par nos organes puis transmis à notre centrale, le cerveau. Et comme par hasard (évidemment !), c’est toujours au même moment que tous nos sens sont mis à l’épreuve. C’est le mariage des sens !

Effectivement, tandis que certains sens sont parfois les témoins d’une expérience extraordinaire de beauté et d’harmonies quasi oniriques, d’autres en revanche subissent dans un même temps les affres de la douloureuse réalité. Prenez par exemple un petit matin, le soleil se lève et éclaire la ville de cette couleur rouge typique des débuts de journées, les gens sont frais, vous êtes joyeux et vous vous sentez d’attaque mais voilà, à peine sorti de chez vous, une odeur d’étron fort désagréable vous indispose pour le restant de cette ex-fabuleuse journée. Autre exemple, vous êtes en Ecosse, la journée s’annonce belle, vous sortez précipitamment de chez vous car vous êtes en retard et sept minutes plus tard, il pleut des cordes. Au niveau des sens, ça donne ça : froid, mouillé, agacé ! Et depuis jeudi, mes sens sont mis à rudes épreuves, en bien comme en mal.
Tout débutait pourtant à merveille jeudi soir justement, lorsque je suis allé à ma désormais traditionnelle « Stammtisch » (il n’y a aucun pendant anglais pour ce terme, désolé), soit la soirée des étudiants en échange. Accompagné de ma colocataire polonaise Karolina, nous avons de suite entamé les choses sérieuses en commandant la bière locale, la Tennent’s. En faisant la queue pour quérir nos « rafraîchissements », j’ai pu discuter avec une charmante Américaine dont j’ai pu obtenir le numéro de téléphone. Comme quoi l’alcool n’est pas nécessairement un facteur d’exclusion sociale ! Une fois attablé, tous mes sens s’accordaient tout d’abord en une harmonie quasi parfaite ; le goût pour la bière, l’auditif pour la langue de Shakespeare et l’odorat pour la parfum unique des pubs écossais (pour rappel, pas de fumée dans les lieux publics au Royaume-Uni). Mais au fur et mesure que la soirée avançait, le pub se remplissait, mettant ainsi mon ouille face à la pire des épreuves : le bruit. Du coup, c’est la vision qui a pris le relais, puisque j’ai dû commencer à devoir lire sur les lèvres de ma colocataire afin d’essayer de deviner tout ce qu’elle pouvait bien me raconter. Dans ces cas, et pour faire bonne façon, rien de tel que de ponctuer son discours de « yeah », « mmm » ou « oh ! ». Et surtout d’éviter soigneusement les quiproquos !
Nous quittâmes le pub aux alentours de 23h et regagnâmes nos pénates. Au salon, tous nos colocataires ainsi que quelques-uns de leurs amis tiraient gaiement sur leurs clopes et buvaient leur bière. Nous nous joignîmes à cette joyeuse cavalcade. La deuxième partie de la soirée commençait alors... Nous gagnâmes « The Vic », la boîte de nuit « trendy » des étudiants en art (mes colocataires sont étudiants à la célèbre « School of Art » de Glasgow). Et là encore, mes sens ne m’ont épargné aucune épreuve ; effluves d’alcool et exsudations biologiques, visions d’horreur vestimentaire et renflements adipeux, mains moites et pieds ankylosés, « musique » assourdissante et cris éthyliques hystériques. Que du bonheur !
Le lendemain soir, j’avais rendez-vous avec un endroit beaucoup plus calme, endroit dont la moyenne d’âge ne doit guère se situer en dessous des 55 ans. Vous l’aurez deviné, les concerts classiques ont moins la cote chez les jeunes ! Dommage, ils ne savent pas ce qu’ils manquent... j’étais donc tranquillement installé dans mon siège dans cette magnifique salle de concert en train de feuilleter le programme avant le début, quand deux personnes sont venues s’asseoir à quelques sièges de moi. Là encore, vision d’horreur ! Madame, la soixantaine, les cheveux gras, sorte de Kathy Bates dans « Misery » avec 50 kilos en plus, visiblement accompagnée de son mari, 50 kilos tout mouillé, et qui n’a cessé de dodeliner durant tout le concert. Heureusement, la musique était magnifique ! Et comme par magie, certains sens, tout obnubilés qu’ils sont par tant d’émotions, en viennent à effacer ce que les autres peuvent bien capter !
Samedi soir enfin, 22h, je me rends chez Lorna, une fille que j’ai rencontrée et qui organise une petite fête dans son nouvel appartement. En fait, une crémaillère ! Par rapport à jeudi, je vivais enfin une vraie soirée, avec de la vraie musique et avec des vrais gens. On pouvait se parler et on pouvait même bouger, ô bonheur ! Tout aurait pu bien se terminer mais dans la « vraie vie », justement, il n’y a décidément pas que des « happy ends » (mais il y a tant de « happy moments » par contre !). En sortant de l’appartement à 2h30 du matin, les yeux bouffis et rougis, les réflexes dégradés par l’alcool et l’odorat qui roupillait déjà, j’ai évidemment manqué ce qui était pourtant immanquable... Quelqu’un avait éructé son repas du soir (j’ai pu détecter des pâtes, ce qui laisse supposer une alimentation riche en féculent, donc pas toujours très bien négociée par un estomac soumis au stress qu’impose l’abus d’alcool). Non seulement le pauvre bougre avait vomi, mais il en avait mis partout (et moi qui dit encore d’un ton joyeux à Marc, qui partait aussi, « Hey ! It’s slippery ! » [« Hey ! C’est glissant »]). Il en avait mis certes parterre mais surtout, sur la main-courante... sur laquelle, bien entendu, je me suis appuyé... Inutile de vous faire un dessin. Mon odorat s’est soudainement réveillé (je le hais celui-ci !), mon sens du toucher à la main droite est devenu ultrasensible et pour couronner le tout, puisque nous allions boire un dernier verre au Queen Margaret Union, il n’y avait pas de savon aux toilettes !!
Voilà, c’était le message « scato » de mon blog. Promis, le niveau va augmenter ! Donc, revenez en masse et ne fuyez pas devant tant de bêtises !
Sur ces bonnes paroles, amis, famille ou simple visiteur, bonne soirée et bonne semaine !

Jérôme

 

  "The Vic"! 


« Just a routine »

Il y a quelques jours, juste avant le début des cours, je parlais avec ma colocataire des bienfaits et méfaits de l’université. Et comme elle l'a si bien dit, l’université, par rapport aux vacances, nous impose une certaine routine. Une bonne routine, « just a good routine » !

C’est ainsi que je vais aborder cette troisième semaine écossaise, faite de ces premières vraies routines. Qui n’a pourtant pas vu dans les libraires les dizaines et dizaines de livres aux titres tous plus évocateurs et plus prétentieux les uns que les autres tels que « sortez de votre routine », « dix astuces pour sortir de votre quotidien » ou « dynamisez votre subpotentiel », dont les préfaces sont rédigées par des stars reconnues comme Elizabeth Teissier, Barbara Polla ou encore Lolita Morena. Dans les kiosques, chaque hebdomadaire y va également de sa propre solution en associant la si banale quotidienneté des actes au supposées imperfections de l’être humain (« perdez dix kilos en trois jours », « la peau d’orange, c’est quoi ? » ou « stimulez votre libido en mangeant des bananes »). L’être routinier qui sommeille en nous tient-il cependant absolument à s’émanciper ? En tout cas, pas moi ! Comme à Cologne (d’ailleurs si ma mémoire est bonne j’avais déjà parlé de ma « routine » alors ceux qui le désirent peuvent arrêter de me lire à partir de maintenant en cliquant ici), je suis en ce moment à la recherche quasi perpétuelle d’une certaine routine. Mais pas n’importe laquelle, d’une bonne routine ! Les mauvaises langues diront : « il se bourre la gueule tous les soirs » ou « il est en vacances, c’est la glande » (comme le dirait Alain par exemple) et les bonnes : « ah ben tant mieux, l’uni l’occupe ! » En fait, je ne fais ni vraiment l’uni, ni vraiment l’autre. Bien au contraire... (il faudrait pas que j’oublie mes racines suisses et sa neutre devise).

Pour la première fois ce weekend, je suis effectivement sorti. Jeudi soir, une soirée pour les étudiants en échange (quelques bières dont une magnifique Guinness extracold et beaucoup de papote), un petit cinéma vendredi soir, une sortie pub et rugby (il y avait Ecosse-Italie ce soir-là, donc ambiance explosive !) samedi avec Marc, un avocat suisse-allemand qui fait un postgrade à Glasgow et que j’avais rencontré à la soirée de jeudi et enfin une autre sortie dimanche après-midi et soir avec une sympathique Thaïlandaise que j’avais rencontrée dans une file d’attente pour l’inscription à l’université. Que de choses !

Mais ce n’est pas tout évidemment, puisque j’ai commencé mes cours de littératures écossaises. Même s’ils ne sont pas tous intéressants, j’apprends quand même de nouvelles choses et je découvre des auteurs que je connaissais pas. Et ce n’est pas toujours la panacée, puisque certaines nouvelles sont parfois truffées d’expressions typiquement écossaises. Prenez la phrase suivante, tirée d’une nouvelle de John Galt, « The Gudewife » :

« On the fifth day I, therefore, said to him, as I was sitting in the easy chair by the fire, with a cod at my shoulders and my mother’s fur cloak about me [...]. »

Un lecteur écossais comprend : « le cinquième jour, alors que j’étais assis à côté du feu avec un coussin sur mes épaules et le manteau de fourrure de ma mère sur moi, je lui ai donc dit [...]. »

Par contre, un lecteur anglais non averti (genre moi) lira : « le cinquième jour, alors que j’étais assis à côté du feu avec une morue sur mes épaules et le manteau de fourrure de ma mère sur moi, je lui ai donc dit [...]. »

Enfin, vous comprenez le niveau de difficulté. À moins que le texte ne soit écrit par les Monty Python, la deuxième version (donc « la morue » !) doit faire tilt ! Inutile également de préciser que le dictionnaire Robert & Collins ne possède pas la deuxième définition du mot « cod »...

Enfin, puisqu’il a fait beau ce weekend passé et en ce début de semaine, j’en ai aussi profité pour faire de longues et intéressantes promenades dans les rues de Glasgow. Au détour d’une grande artère se cache parfois des choses dont on ignore l’existence. Et c’est aussi parfois en bordure d’un parc pourtant éloigné du centre ville que s’offrent aux promeneurs quelques raretés architecturales. Voyez plutôt par vous-mêmes...

Kelvingrove Art Gallery and Museum

 

Kelvingrove, vue de l'arriève 

 

Saint Andrew's in the Square

 



Argyle Arcade

 

Voilà!
Une fois n’est pas coutume, c’est ainsi que je termine ce troisième message.
Bonne fin de semaine,

Jérôme