« Au début était le verbe... »
S’il y a bien une chose à laquelle nul n’échappe, c’est le début. Il y a autant de débuts que de fins et il y a aussi les débuts mort-nés, comprenez, un projet qui échoue. Pour l’instant, je n’ai pas encore rencontré ce cas de figure à Glasgow mais je ne perds rien pour attendre...
Je vais tout de même commencer par le début des débuts, le début de mon séjour. Avant cela, notez la magnifique répétition du mot « début ». Il y a dix ans, mon prof m’aurait mis dans la marge un truc du style « vocabulaire peu varié » ou « Jérôme, ne peux-tu pas trouver un autre mot pour éviter cette répétition peu habile ! ». Des velléités, je vous le dis ! Alors je tiens un faire un pied de nez à toute cette bêtise et je le proclame haut et fort : vive la répétition ! Car il n’y a plus bel effet qu’une répétition amenée de manière subtile et légère et qui est parfaitement intégrée à l’économie générale d’un texte littéraire (sauf qu’on est pas dans un texte littéraire...) Bref, mon séjour fut mon premier début. Pas grand chose à dire si ce n’est la difficulté de s’intégrer dans tous les compartiments de sa nouvelle vie, autrement dit, dans tous les petits débuts qui forment le début du séjour, « ze » début, « the big one ».
Mon premier véritable début fut celui de l’uni. La découverte de ce somptueux monument architectural, qui n’est pas sans rappeler Poudlard, l’école des sorciers que fréquente Harry Potter, fut pour moi une magnifique entrée en matière. Même si je savais d’emblée que mes cours n’allaient pas se dérouler au sein même de ce bâtiment (eh, faut pas rêver non plus !), je prenais soudainement conscience de la dimension magique du lieu. Car il faut bien le dire, à côté de cela, l’université de Lausanne est immonde. Mon inscription à l’université s’est bien déroulée (comparé à Cologne) et j’ai reçu une magnifique carte d’étudiant avec ma photo et à côté de celle-ci une photo de... l’université de Glasgow ! Oui, le Poudlard écossais ! Je suis officiellement étudiant non pas en sorcellerie, mais en littératures écossaises... Je vous l’accorde, ça ne sonne pas aussi bien (si vous voulez en avoir le coeur net, dites « Harry Potter à l’école des littératures écossaises »)

Mon autre début, évidemment, est la création du blog que vous avez sous les yeux ainsi que l’écriture du premier message. Ça, c’est un réel plaisir ! Mis à part qu’il est toujours aussi pénible d’ajouter des photos et que la mise en page laisse à désirer, j’y ai ajouté un magnifique fond fait de subtiles nuances de bruns. Quelqu’un m’a d’ailleurs inconsciemment suggéré le titre de mon blog, « a Glaswegian Fall », qui veut dire « un automne à Glasgow ». Je l’en remercie ! Pourquoi avoir choisi « fall » me direz-vous (oui parce que « automne » se dit d’habitude « autumn » en anglais). C’est pour des raisons pratiques avant tout que ce choix s’est imposé. Le serveur qui héberge mon blog, Romandie.com, n’acceptait en effet pas « aglaswegianautumn » car c’était trop long !! Pardi ! On est au 21ème siècle et quand vous avez des pages Internet dont l’adresse ressemble à ça :
http://www.google.ch/search?hl=fr&q=blog+a+glaswegian+fall&btnG=Rechercher&meta=
ne venez pas me dire que mon titre est trop long ! D’où l’origine du mot « fall ». Comme par hasard, le mot « fall », qui veut aussi dire « tomber » ou « chute », donne un deuxième sens à mon blog (bien malgré moi !) : « une chute à Glasgow » ! Espérons que ce titre ne sera pas prémonitoire...
Autre début, celui-ci beaucoup plus pénible, la colocation. J’ai une belle chambre, j’ai l’accès à Internet, j’ai une cuisine équipée, une salle de bain, un toilette qui sent bon, de l’eau chaude, un salon et j’ai même un toaster ! Mais voilà, je n’ai pas les amis, je n’ai pas la famille, je n’ai pas non plus mes activités et ma vie en Suisse. C’est dans ses moments de solitude qu’on se rend compte au mieux de la valeur de choses et des personnes qui nous entourent. Et c’est inestimable. Comme le nouveau-né, je dois tout découvrir, tout réapprendre (à la différence que je ne m’exprime plus en vagissant des onomatopées et autres borborygmes).
Autre début prometteur, le sport. Pour la modique somme de 30£, j’ai accès à plusieurs sports au sein de l’université (piscine, fitness, tennis et... sauna aussi !). Je suis déjà allé deux fois à la piscine, où j’ai effectué à chaque fois mes quarante traversées (dans un bassin de 25 mètres, tout de même) Et comme cette piscine est peu fréquentée, hormis peut-être quelques étudiants en sport et autres badauds de mon genre, j’ai toute la place pour effectuer mes grandes brasses coulées.
Ma plus belle réussite, mon plus beau début, c’est ce que je n’ai jamais eu la chance d’apprendre à l’école : la cuisine ! Parce qu’il faut bien le dire, en lieu et place de la cuisine, on a dû faire du bricolage, de la couture, de la soudure, du ponçage et j’en passe. Par contre, la cuisine était évidemment réservée aux filles... quelle bande de sexistes, ces écoles vaudoises ! Du coup, il a bien fallu que je m’y fasse. Même si mes plats sont peu élaborés, depuis l’Allemagne j’ai tout de même appris à cuisiner. Des viandes, des féculents et beaucoup de légumes ! J’adore ça... et par chance, il y a un magnifique magasin de légumes et fruits qui est à cinq minutes de chez moi. Autant vous le dire, les légumes (avec le fromage) est le seul luxe alimentaire que je m’autorise en ce moment. Car ils ne sont pas spécialement bons marchés...
Voilà, il fallait bien mettre un terme à tous ces débuts !
A bientôt !
Bonne soirée et bon dimanche,
Jérôme
Quelques photos supplémentaires...
St Georges's Tron Parish Church (city centre)
La cour intérieure de l'uni. Quelle splendeur!
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29 Septembre 2007 à 18:24 dans
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