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A Glaswegian Fall

Concert

Mon concert a lieu le dimanche 16 novembre 2008 à l'Aula du château d'Yverdon, à 17h.

 Venez nombreux!

Jérôme

Défense

Chers amis, Chères amies,

La défense de mon mémoire universitaire aura lieu le mardi 15 juillet à l'Université de Lausanne, en salle 5027, bâtiment Anthropole.

A bientôt,

Jérôme 


Laisse tomber...

Honnêtement, comment se fait-il qu'on en ait déjà plein le dos de cet Euro avant même qu'il ait débuté?

Je propose donc que nous boycottions ladite manifestation par solidarité pour les Tibétains.

Bien à vous,

Jérôme 


Poetry

Lord ByronWhen we two parted
In silence and tears,
Half broken-hearted
To sever for years,
Pale grew thy cheek and cold,
Colder thy kiss;
Truly that hour foretold
Sorrow to this.

The dew of the morning
Sunk chill on my brow--
It felt like the warning
Of what I feel now.
Thy vows are all broken,
And light is thy fame;
I hear thy name spoken,
And share in its shame.

They name thee before me,
A knell to mine ear;
A shrudder comes o'er me--
Why wert thou so dear?
They know not I knew thee,
Who knew thee so well--
Long, long I shall rue thee,
Too deeply to tell.

In secret we met--
In silence I grieve,
That thy heart could forget,
Thy spirit deceive
If I should meet thee
After long years,
How should I greet thee?--
With silence and tears.

Du nouveau!

Un blog délaissé ne mérite pas d'attention. Un blog nul n'en a jamais mérité. J'ai fait de mon mieux tant pour l'un que pour l'autre! Pour les irréductibles, voici donc le blog nouveau, tout beau, que vous trouverez à l’adresse suivante :

http://theweejerome.wordpress.com

Je me réjouis de vous y retrouver et de pouvoir lire vos commentaires avertis !

 

Afin de conclure de la plus belle des manières ce blog, je vous offre ce magnifique tableau, qui a été peint par ma mère d’après une photo du Loch Ness. Et ce tableau, ben il est à moi, Na ! Je l’ai reçu pour Noël et il trône fièrement au-dessus de mon lit.

Bonnes lectures sur Wordpress, mon nouvel hébergeur !

Jérôme


Rien à redire!

Rien à dire, décidément... je finirai par conclure ce blog, tôt ou tard, j'y arriverai!!

Étrange !

La semaine passée, la rue dans laquelle je réside a été le témoin de quelques particularités. J’entends par là qu’il s’est passé certaines choses qu’on ne voit habituellement pas. Et comme rien n’arrive par hasard, tout ceci s’est passé en l’espace de sept jours.

Tout commence lundi, lorsque je rentre de l’université. Je remarque une grosse voiture noire de marque allemande, parquée au bord de la route. Jusque-là, rien de bien particulier, me direz-vous. Héhé, sauf que celle-ci avait le volant à gauche ! Et des plaques françaises... Il n’y a vraiment que les gens qui savent plus quoi faire de leur fric pour venir à Glasgow en voiture, alors que des compagnies aériennes proposent des vols aller-retour pour moins de 200 francs suisses ! Bref...
Le lendemain, j’ouvre ma fenêtre afin d’aérer ma chambre (eh oui ça m’arrive de temps en temps !). Stupeur (et tremblement) ! Une immense voiture (bien, bien plus grande que la précédente) est parquée sous ma fenêtre... Jugez plutôt...




Mercredi RAS. Jeudi, je me réveille tranquillement à 9h du matin et j’entends des voix qui semblent très proches de ma fenêtre. J’ouvre les stores et je tombe nez à nez avec deux personnes ! En fait, deux peintres qui repeignaient le pub qui se trouve en dessous de ma chambre... Voyez donc l’allure du pub...




Vendredi, je me fais réveiller à 7h du matin par des gros bruits sourds. Comme si un géant approchait à grands pas dans la Great Western Road. J’ouvre mes stores et là, je constate en fait qu’un immense camion vient réapprovisionner le bar en boissons (comprenez, des fûts de bière !). Et un fût, c’est lourd, très lourd...




Samedi, je travaille tranquillement dans ma chambre. Mais depuis dix minutes, j’entends un gros moteur diesel tourner sous ma fenêtre. Je me lève et constate que c’est un simple bus. Là encore, rien de particulier, si ce n’est l’inscription sur ledit bus... Je vous laisse méditer...


(ouais, je sais, elle est facile car ça n’a évidemment pas du tout la même signification qu’en français !)


Samedi toujours, l’incroyable se produit : il neige !! Mais tout est annihilé par une immense pluie juste après... dommage...






Voilà donc pour les particularités ! Encore une, peut-être, mais cette fois-ci au centre ville, à George Square (où il y a la statue de Sir Walter Scott). Une patinoire a été érigée et entoure la statue. Puisque j’étais en ville, j’en ai profité pour faire un petit tour au marché de Noël.












Encore deux informations de taille :

1) mardi soir, le choeur dans lequel je chante a donné un petit concert d’une demi-heure. Nous avons chanté une dizaine de chants de Noël, dont le fameux « White Christmas » d’Irving Berlin. Nous avons été chaleureusement applaudi par une salle comble !




2) cette semaine j’ai pris le temps de me cuisiner un haggis (la fameuse panse...) avec de la purée de pomme de terre. C’était exquis ! Je l’ai fait mijoter durant plus d’une heure dans de l’eau bouillante et pendant ce laps de temps, j’ai pu confectionner ma délicieuse purée. Notez la modestie avec laquelle je juge ma cuisine...






Voilà, chères amies, chers amis, lectrices et lecteur d’un jour ou ardents amateurs et amatrices de ma prose passablement digeste (heum... ça va avec ma cuisine). Mon voyage touche à sa fin. Mardi, je vais donc m’envoler d’Edimbourg pour retrouver le plancher des vaches et laisser derrière moi tout plein de souvenirs et d’aventures. Il y a évidemment un peu de tristesse, celle de quitter mes quelques bons amis ici, mais il y a aussi la joie de retrouver ma famille et mes amis ainsi que, évidemment, la Suisse elle-même ! Et comme le gouvernement a changé (en bien), je prends ça comme le signe ostensible que mon pays natal et naturel (vous trouverez difficilement quelqu’un de plus suisse que moi ! Des générations que ça dure !) m’accueille à bras ouverts !
À l’heure où je poste ce message, je ne sais pas encore si j’aurai le temps d’écrire et de publier une toute dernière annonce avant mardi. Toutefois, je vais conclure et par la même occasion clore logiquement mon blog, même si « the last one » risque bel et bien d’être posté depuis la Suisse...

Bon dimanche !
Jérôme


Miracle au Parlement

Je ferai ici la seule et unique entorse à la charte (inexistante d’ailleurs) de mon blog afin de vous communiquer la joie intense qui m’habite depuis ce matin : l’éviction de Christoph Blocher du Conseil Fédéral ! Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, l’UDC entre dans l’opposition (mon dieu on a peur !) et, ô comble de l’ironie pour ces abrutis d’UDC, c’est une femme qui détrône l’ennemi Blocher...

Le bonnet d'âne pour Chrichri!Le bonnet d'âne pour Chrichri! 

Vous l’aurez compris : si vous êtes partisans peu ou prou de l’UDC (surtout prou en fait), si vous faites partie du fanclub de Chrichri, si vous détestez la politique et surtout, si la vulgarité vous insupporte, je vous conseille vivement de stopper votre lecture en cliquant ici ! Si vous persistez à lire ce qui suit, je décline toute responsabilité quant à d’éventuels dommages intellectuels (notez que soutenir Blocher est déjà, en soi, un dommage collatéral), suicides collectifs ou passions brisées.
Quant à ceux qui décident malgré tout de poursuivre la lecture de mon pamphlet panégyrique à l’encontre de l’UDC, ne vous inquiétez pas, je serai bref ! Toutefois, avant de commencer mon discours, je tiens clairement à séparer l’UDC et le clan Blocher. Les lignes ci-dessous concernent uniquement ces derniers !
Premièrerement, félicitons l’heureuse élue, Mme Widmer-Schlumpf, pour sa brillante et immaculée élection. Nous la féliciterons donc une deuxième fois pour son choix de siéger au CF, à la place de son désormais ex-coparlementaire, j’ai nommé Christophe « Chrichri » Blocher. Je tiens à préciser « ex- » puisque pour la récompenser de son éclatante victoire, l’UDC l’a évincé de son groupe parlementaire (au même titre que Samuel Schmid). Ce qui m’inspire le commentaire suivant : Blocher et sa bande de nazes profonds sont des mauvais perdants, or un bon gouvernement ne peut être constitué de nazes, donc Blocher est mieux là où il est (le syllogisme est chancelant, j’en conçois, mais totalement véridique !)
Deuxièmement, j’aimerais dire deux mots sur la pseudo campagne pour faire réélire Blocher. Appelez ceci comme vous voudrez (ironie, l’arroseur arrosé, le serpent qui se mord la queue, etc.), moi, j’appelle ça un suicide. L’UDC (donc le clan de Chrichri) a voulu dynamiter toute l’opposition mais s’est finalement pris l’obus en pleine gueule. Les épigrammes douteuses et les basses provocations pour faire réélire le « duce » (dixit Couchepin) se sont finalement retournées contre eux. Ils ont pris le Parlement (et la population) pour des cons, voilà le résultat. D’autres part, je trouve très honnête de la part de certains autres UDC de n’avoir pas votés pour Chrichri. Bref, quatre ans de veines véhémences et autres mesures pseudo-coercitives auront eu raison de Blocher !
Troisièmement, j’encourage tout le monde à écouter les reflets d’humanisme et de beauté verbale des partisans de Chrichri. Je suggère aux politologues d’encadrer quelques citations et aux enseignants de tirer parti du galimatias de l’UDC à des fins pédagogiques (accepter la défaite, c’est ce qu’on essaie d’apprendre aux enfants, n’est-ce pas).
Quatrièmement, j’ai adoré les menaces émises par le clan Blocher la veille : « on passera dans l’opposition ». Je crois sincèrement qu’ils n’avaient (encore) compris qu’ils venaient de se torpiller encore une fois. Je suis certain que ces paroles ont dû motiver Mme Widmer-Schlumpf à accepter ce siège au Parlement ! Tout comme ces quatre années de provocation et cette campagne pour l’élection de Blocher qui les ont complètement discrédités. Quand je parle de suicide, je devrais même ajouter, suicide collectif ou sabotage médiatique.
Je crois que la Suisse n’a aucune crainte à nourrir de l’opposition du clan Blocher. En tout honnêteté, qu’ont-ils fait d’autre pendant quatre ans ? N’ont-ils pas provoqué, admonesté et jugé à la hâte ? Entrer dans l’opposition, cela signifie s’opposer à toutes les décisions parlementaires à coups de référendums. Un boulot de longue haleine... Pas certain qu’ils tiennent très longtemps.
J’aurais de quoi disserter pendant des heures (le clan Blocher nous donne tant de matière il faut dire !) mais il vaut mieux aller lire les journaux et écouter les analystes. Pour terminer, je voudrais attirer votre attention sur la gravité de l’extrémisme en général. Passez en revue ces quatre ans et faites le point. Qu’est-ce que Blocher a donc pu amener au gouvernement, autre que des problèmes et sa forte propension à faire vaciller la stabilité politique du pays.
Merci encore à Madame Widmer-Schlumpf, à qui nous souhaitons bon vent, ainsi qu’à l’entier du Conseil Fédéral.

Chrichri ne criera donc plus ! (on dirait le titre d’une chanson !)

Jérôme

 

Je ne sais pas à qui l'ont doit cette très jolie affiche, mais j'adore cet humour, décidément! 


Claire en visite

Mon amie Claire est venue me rendre visite le weekend dernier, pour mon plus grand bonheur ! Nous avons évidemment beaucoup parlé, pas mal visité et mangé. Nous avons aussi passé un jour complet à Edimbourg, la capitale. Petit récit de ces trois jours...

Outre la profonde et sincère amitié qui nous lie, je dois avouer que Claire et moi partageons une qualité et un défaut communs qui sont, ma foi, partiellement indissociables. Premièrement, nous sommes tous deux de grands amateurs de Guinness, la fameuse, l’unique, « brewed in Dublin » ! Nous avons fait un fort bon usage des nombreux pubs de Glasgow et d’Edimbourg, qui la proposent tous à la pression. Ajoutez à cela l’ambiance typique et chaleureuse desdits pubs et vous êtes certains de passer un agréable moment ! Mais il y a le revers de la médaille. Comme toute bonne bière qui se respecte, la Guinness est hautement diurétique. Vous me direz, il n’y pas d’inconvénient majeur à partir du moment où tous les pubs offrent des toilettes. Vous faites fausse route ! Car la Guinness ne « descend » pas petit à petit dans la vessie (ça serait presque trop beau), mais d’un seul coup et de surcroît, une fois que vous êtes sortis du pub. Et Claire et moi partageons la même douleur quant à la quasi-inexistence d’une vessie digne de ce nom. Deuxième point commun, donc... Pour preuve, Claire est allée deux fois aux toilettes en l’espace de dix minutes, puis une troisième, à peine trente minutes plus tard. Record à battre ! (Claire, désolé de dévoiler ainsi ton intimité !)
Malgré cela, son séjour s’est très bien déroulé. Arrivée mercredi en fin de journée, elle a pu poser sa valise à moitié remplie chez moi (je précise « à moitié remplie » car elle désirait acheter plein de livres et je lui avais aussi demandé de garder un peu de place pour qu’elle puisse ramener certaines choses qui m’appartiennent). Le soir même, nous avons donc bu notre première Guinness et mangé un « pie with mashed potatoes » dans un pub.

Dans le pub, à côté du sapin

Notez le motif de la bougie entre les deux photos

Jeudi, j’ai dû abandonner Claire l’espace de quelques heures l’après-midi car je présentais un séminaire. Je crois qu’elle a judicieusement mis à profit ce temps afin de faire un peu de shopping ! Le soir, pour fêter tout cela, nous avons mangé un délicieux haggis (même que nous avons convaincu une Canadienne de prendre le fameux repas écossais !).
Vendredi, nous avons beaucoup marché pour aller visiter différents endroits de la ville. Nous avons commencé par une visite complète de l’université puis nous nous sommes dirigés vers Byres Road où nous avons pris un bon repas de midi dans un restaurant italien.



Nous nous sommes dirigés ensuite en direction du centre puis avons rejoint la cathédrale. Nous avons terminé notre périple à la nécropole (sans mauvais jeu de mots). Au vu du temps résolument maussade, nous avons décidé ensuite de prendre une bonne bière dans un pub au centre-ville.
Le lendemain matin, nous partions aux aurores (ou presque) pour Edimbourg. Après presque une heure de trajet, nous sommes arrivés dans la capitale. Un vent glacial balayait la ville. En contrepartie, il a fait grand beau ! Nous avons beaucoup marché, vu et pris en photo le château (le plus grand d’Ecosse), foulé la rue principale, Princes Street, fait quelques magasins, et nous avons pris notre dîner dans un pub qui répondait au doux nom de « Dr Jekyll and Mr Hyde ». Le serveur était tout ce qu’il a de plus anormal : j’ai rarement vu quelqu’un avec autant de piercing sur le visage ! (Ce qui me laisse penser qu’il devait avoir le double sur le reste du corps !)

Devant le château

Jekyll & Hyde!


A la nécropole 

Le soir, nous avons pris notre « apéritif » dans un pub, le « Doctors », à proximité de l’université d’Edimbourg. Nous avons conclu la soirée par un bon repas dans un autre pub. Outre le repas, nous avons particulièrement aimé cet endroit car il faisait chaud ! Ce qui n’était pas le cas de tous les pubs...
Comme Claire repartait très, très tôt le dimanche matin, nous avons passé la nuit dans une auberge de jeunesse (dans un dortoir de 14 lits !). Outre des Russes antipathiques, quelques haleines pas très fraîches, nous avons été tout à fait satisfait par l’endroit (les lits étaient ma foi fort confortables).
Dimanche matin, Claire s’envolait donc à 7h50 pour Genève. Et dire qu’il y deux mois, elle m’avait pourtant annoncé qu’elle ne pourrait pas venir me voir... Claire, je te remercie infiniment d’avoir finalement pu me rendre visite !! J’ai passé trois jours magnifiques !
Voilà, d’ici deux semaines, mon séjour prendra fin. D’ici là, il devrait y avoir au minimum encore deux messages, donc ne quittez pas (encore) le navire !
Bonne fin de semaine,
Jérôme


Marcelle la souris

Il y a quelques semaines, en allant aux toilettes pour me brosser les dents à minuit, j’avais aperçu furtivement une souris dans notre si bel et si propre appartement. Et l’autre jour, une des trappes disposées dans la cuisine a eu raison de sa victime. Seul problème, c’était un souriceau... par conséquent, la mère Marcelle court toujours ! En image, j’ai donc imaginé une matinée de sa vie, avec ses réflexions, ses états d’âme et ses buts...

Tout commence à 5h34 du matin lorsque Marcelle s’éveille et étire ses petites pattes encore tout engourdies par la longue nuit qu’elle vient de passer coincée entre le pied de la poubelle et le mur glacial.



Les odeurs de la cuisine affolent déjà les narines de Marcelle qui saute littéralement hors de son lit. Son mari, Jacques, dort encore dans le salon. Il faut dire qu’ils font chambre à part depuis la naissance de Brutus, car Marcelle est, selon les dires de son mari, « insupportable et intraitable au niveau de la nourriture ». Elle refuse dorénavant d’aller se nourrir dans la poubelle car elle veut donner ce qu’il y a de mieux à Brutus ! Jacques n’en a que faire et préfère continuer à se sustenter avec les restes de pain toast, de fromage et avec sa caverne d’Ali Baba – la poubelle, donc.
Marcelle débute son périple désormais quotidien et se met à la recherche de la meilleure nourriture pour son petit Brutus. Comme les humains tenaient une petite fête le soir d’avant, madame se met en tête d’aller voir si de beaux restes sont disponibles au salon : « quelle bande de flemmards ces humains ! Pas un chat qui bouge avant 9h du matin alors que moi, l’aïeul de ce foutoir monumental, suis debout aux aurores pour nourrir mon petit Brutus adoré ! »
Marcelle commence par inspecter sous les fauteuils. Après un bref slalom entre les vieilles bouteilles et les plastiques, elle comprend vite qu’aucune nourriture n’a échappé à ces grands bêtas d’humains : « tous des égoïstes ! », geint-elle avec véhémence.





Marcelle monte alors sur une chaussure puante qui jonche le sol poussiéreux afin d’essayer d’escalader la table du salon. Marcelle se souvient qu’il y a six mois, lorsqu’elle portait Brutus et qu’elle avait des envies de souris enceinte, elle avait déniché sur cette même table un trésor merveilleux : « j’m’en souviens comme si c’était hier, ils étaient tous partis camper une semaine et avaient oublié un sandwich sur la table. Je l’ai laissé intact pendant sept jours – une éternité ! – afin qu’il prenne du goût et puis je l’ai dévoré ! Les petits champignons et la moisissure mêlés au Cheddar anglais avec ce soupçon d’effluves nauséabondes, j’ai bien cru que le paradis s’offrait à moi ! », raconte Marcelle la larme à l’oeil.





Mais la table est trop haute et à bientôt 38 ans, Marcelle ne veut pas risquer de se briser les os pour trois bières et des mégots qui traîneraient sur la table. Elle se dirige donc vers la cuisine, là précisément où elle a le plus de chance de trouver quelque nourriture. Marcelle évite tout d’abord soigneusement quelques endroits dangereux :





« Ces humains », se dit-elle, « ils croient que nous, les adultes, on se fait encore avoir par ces pièges ! Nuls ! Ils sont si débiles qu’ils mettent même du fromage pour nous appâter... Tout le monde sait que nous ne mangeons pas de fromage, à l’exception du Cheddar moisi. Tenez, par exemple, Jacques est allergique au lactose et la dernière fois, il a bien failli rester sur le carreau. Quel idiot celui-ci, je lui avais pourtant dit que même le Gruyère contenait du lactose. J’aurais été belle, enceinte jusqu’à la fourrure et avec des nausées à vous faire regretter toutes les nuits de plaisir charnel. En plus, tout ça pour le plaisir de monsieur ! Tu penses, le truc de la migraine, ça fait longtemps que ça marche plus. En plus, malgré que Jacques soit fort bien membré, même en période de turgescence les capotes humaines sont dix fois trop grandes ! Même que le Jacques il avait failli s’étouffer avec une... Du coup, c’est moi qui trinque ! La dernière portée, j’ai mis au monde huit braves bébés et j’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée. Le Jacques, pendant ce temps, il sirotait tranquillement un fond de whisky en regardant la télé ! »
Après cet intermède lubrique, Marcelle se remet à la tâche. Elle inspecte avec soin les contours de la table et grimpe sur le balai afin d’arriver sur le plan de travail. Malgré tous les restes de nourriture, aucun ne convient à Marcelle : « non mais bon, je donnerais même pas ça à ma pire ennemie ! Eux, les humains, ils bouffent comme des porcs. Et ça se prétend la race supérieure. Dans ce cas-là, moi je suis Rémy dans « Ratatouille » ! »
Marcelle trouve finalement un petit bout de pain grillé qui fera office d’hors-d’oeuvre.



Elle sait aussi que Jérôme, le nouveau locataire, conserve toujours un peu de nourriture dans sa chambre : « il fait que de boire du thé, c’ui-là ! Un vrai mollusque ! En plus il embaume sa chambre d’encens et se gave de cookies gras et infâmes. Faut quand même reconnaître que j’avais pu dénicher un pain toast complet dans sa chambre. Je suis certaine qu’à l’heure actuelle, il doit toujours être en train de se demander où il est passé... », ricane Marcelle.
Elle entre donc dans la chambre de Jérôme, qui pionce et ronfle tel un bienheureux. Elle inspecte tout d’abord le bureau, puis la commode. Rien. Elle se dirige vers la table de nuit et s’enfile dessous. Toujours rien. C’est alors qu’elle aperçoit quelque chose sous le lit. Quelques chose qui s’apparente à un vieux bout de Cheddar puant...
S’approchant à grands pas de rats, elle plonge les dents en avant sur le morceau qu’elle mord avec toute l’énergie du désespoir. Horreur ! Ce n’est pas du Cheddar ! Marcelle vient en effet de laisser une trace indélébile dans la boule Quies que Jérôme a perdue pendant la nuit...



« Mon dieu !! », s’exclame Marcelle tout en recrachant le bout de mousse qu’elle a dans la bouche. « C’est immonde ! Une boule Quies puante et enduite de cérumen ! Ce type ne se lave donc jamais les oreilles !? », vagit-elle.
Partiellement remise de ses émotions, Marcelle escalade la chaise de bureau afin d’accéder à la bibliothèque, dernier garde-manger hypothétique de cette chambre. C’est alors que le trésor tant recherché apparaît à la petite Marcelle. Son ventre gargouille, ses yeux s’exorbitent, Marcelle salive de joie et d’appétit. Elle pousse le tout au sol afin d’en faire profiter Brutus, qu’elle s’en va immédiatement réveiller.



Après ce copieux repas, Marcelle, la peau de son petit ventre toute tendue, ne cache pas sa satisfaction : « ça valait la peine de se battre ! Et je dois dire que ce grand nigaud m’a étonnée en bien, pour une fois. Il me le devait bien, surtout après l’affront sans précédent de la boule Quies ! », se dit-elle encore toute bouleversée...



C’est sur cette note positive que s’achève donc la matinée de Marcelle, qui s’en va ainsi poursuivre l’éducation de Brutus dans les meilleures conditions.


PS : l’auteur de ce texte précise que l’histoire contée est une fiction et que toute ressemblance avec un ou des personnages réels serait absolument fortuite. Cependant, il précise que l’épisode de la boule Quies est véridique, puisque le soir, cherchant ladite boule, Jérôme la dénicha finalement sous son lit avec cette unique morsure de souris ! Il en déduisit qu’il ne pouvait s’agir que de la marque de la dentition de Marcelle.

 

Pour celles et ceux qui ne savent pas à quoi ressemble Rémy dans le film Ratatouille, l'auteur vous met à disposition cette illustration. Un vrai mannequin dans un magazine de mode.

On en aimerait presque les souris, pas vrai!